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Un évêque anti-avortement suscite la controverse avec la « cloche des enfants non nés » chaque soir.

Chaque soir depuis le 28 décembre, les habitants de Sanremo, en Italie, entendent résonner la « cloche des enfants non nés ». Antonio Suetta, évêque de Vintimille et Sanremo, a affirmé que cette cloche vise à « commémorer les fœtus avortés ».


Chaque soir depuis le 28 décembre, les habitantes et habitants de Sanremo, en Italie, entendent résonner la « cloche des enfants non nés ». Cette initiative, mise en place par Antonio Suetta, évêque de Vintimille et Sanremo, a pour but, selon son initiateur, de « commémorer les fœtus avortés », rapporte le Corriere della Sera.

Sur le site du diocèse, le prélat explique sa démarche : « Cette cloche naît du désir de donner une voix à ceux qui n’ont pas pu en avoir, de conserver dans le cœur de l’Église le souvenir des enfants non nés en raison de l’avortement. »

### Une initiative vivement contestée

À travers cette action, l’évêque réaffirme ses positions contre la loi 194, adoptée en 1978, qui légalise l’interruption volontaire de grossesse en Italie. « La cloche de la vie sert à rappeler que l’avortement n’est pas un droit mais un crime », a-t-il insisté, précisant que les fidèles avaient bien accueilli cette initiative.

Cependant, cette démarche ne fait pas l’unanimité. Bien que la municipalité de Sanremo n’ait pas réagi officiellement, des critiques ont rapidement émergé sur le plan politique. Le premier à s’exprimer a été Edoardo Verda, conseiller municipal d’Imperia (Parti démocrate), qui a décrit la cloche des non nés comme un « choix qui ne parle ni de soin ni d’écoute, mais de culpabilité, et qui transforme la douleur en symbole et le symbole en accusation ». « La santé n’est pas et ne peut pas être un champ de bataille idéologique », a-t-il conclu, étant médecin de profession.

### Une polémique qui dépasse l’échelle locale

Dans le même esprit, Enrico Ioculano, ancien maire de Vintimille et à présent conseiller régional démocrate, a exprimé son désaccord, dénonçant une initiative qui va à l’encontre de la neutralité de l’espace public : « Sanremo n’est pas un État religieux : les cloches doivent à nouveau exprimer le respect et ne pas interférer avec les consciences ». La polémique a rapidement pris une dimension nationale. Cristina Carelli, présidente du réseau national des centres antiviolence D.i.Re (Femmes en réseau contre la violence), a condamné une initiative « comparable à la réaction violente de nombreux hommes qui refusent l’affirmation de la liberté des femmes ». Elle a ajouté : « Le fait que cela se produise à l’initiative d’une institution comme l’Église confirme le caractère structurel du phénomène. »

Un sentiment similaire a été exprimé par Filippo Blengino, secrétaire national des Radicaux italiens, qui a critiqué une offensive idéologique contre les droits des femmes : « Aucun tintement n’effacera une loi conquise par le vote, les luttes et la souffrance de générations de femmes. » Face à cette vague de réactions, Antonio Suetta ne se dérobe toutefois pas et a affirmé que la cloche continuera de sonner chaque soir à 20 heures.