Un candidat républicain anti-Trump dénonce le « racisme » du président

Amérique

Le candidat Bill Weld, qui veut défier Donald Trump aux primaires républicaines pour la présidentielle de 2020, a dénoncé dimanche le « racisme » du président américain, estimant qu’il pourrait signifier la fin du parti conservateur américain.

Il veut aider les employés sous-payés, défendre l’environnement et unifier les Américains, mais Bill Weld, 74 ans, ancien gouverneur du Massachusetts, est peut-être le candidat qui a le moins de chance de se présenter au scrutin présidentiel, face à l’imposante machine électorale de Donald Trump, qui a déjà le soutien total du parti républicain.

En marge d’un meeting électoral lors d’une grande fête foraine à Des Moines dans l’Iowa, il a lancé un avertissement sévère au parti.

« Si le parti républicain à Washington ne désavoue pas expressément ses tirades racistes, ils risquent une défaite massive en 2020 », a-t-il prédit à la presse. Le président, a-t-il ajouté, a du sang sur les mains après la fusillade d’El Paso, au Texas, qui a fait 22 morts le week-end dernier, car le manifeste raciste du tireur « semble directement inspiré par les discours de Trump ».

« Donc oui, je le lie spécifiquement à la tuerie d’El Paso, mais aussi plus largement à l’atmosphère qui conduit à toutes ces tueries », a-t-il ajouté.

M. Trump et ses conseillers ont décidé de « diviser le pays de toutes les façons possibles », en instillant colère et haine chez les Américains. « C’est la direction contraire de celle que nous devons prendre », a-t-il proclamé.

M. Weld, qui est proche des libertariens – vigoureusement opposés à toute forme d’intervention de l’Etat fédéral – a exprimé des positions étonnamment progressistes.

« Les riches sont trop riches, les pauvres sont trop pauvres, et ce n’est pas bon pour la cohésion sociale », a-t-il dit.

Il s’est moqué des positions de M. Trump sur le changement climatique, qu’il qualifie de « canular », et s’est insurgé contre « l’inhumanité » du président américain sur les questions d’immigration.

Pendant son meeting électoral devant quelques dizaines de spectateurs, Bill Weld a qualifié Trump de faux républicain « car il n’est pas pour la rigueur budgétaire ».

M. Weld a cependant très peu de chance d’obtenir la nomination de son parti pour le scrutin présidentiel: selon un sondage réalisé en marge de la foire de Des Moines, où se sont aussi rendus une vingtaine de candidats démocrates, M. Trump recevait 97% des intentions de vote des républicains.