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Turquie : Interpellation d’un journaliste français lors d’une manifestation pro-kurde.

Plusieurs organisations, dont Courrier International, ont appelé mardi à la libération du journaliste français Raphaël Boukandoura, en garde à vue depuis la veille en Turquie. Selon l’organisation Reporters sans Frontières, Raphaël Boukandoura était toujours gardé à vue mardi matin.


Plusieurs organisations, dont son employeur, le *Courrier International*, ont appelé mardi à la libération du journaliste français Raphaël Boukandoura, placé en garde à vue depuis la veille en Turquie. Celui-ci a été interpellé lundi à Istanbul par la police lors d’une manifestation du parti pro-kurde DEM contre l’offensive de Damas dans le nord-est de la Syrie.

« Nous exigeons des autorités turques qu’elles respectent la liberté de la presse », a indiqué la direction de *Courrier International* dans un communiqué, rejoins par sa Société des journalistes. Raphaël Boukandoura, correspondant en Turquie de l’hebdomadaire depuis neuf ans, « ne faisait qu’exercer son métier de journaliste en couvrant cette manifestation », précisent-ils.

Un autre de ses employeurs, le quotidien régional *Ouest-France*, avait également demandé dès lundi « la libération immédiate de Raphaël Boukandoura ». Le Syndicat national des journalistes (SNJ), le principal syndicat de la profession, a aussi « exigé la libération immédiate » du journaliste, rappelant dans un communiqué que « ce journaliste ne faisait qu’exercer son métier ».

Mardi matin, il était encore en garde à vue, selon l’organisation Reporters sans Frontières, en contact avec ses avocats. D’après le DEM, plusieurs membres du parti ont également été interpellés. Le parti souhaitait dénoncer « la mort de nombreux civils, y compris femmes et enfants », dans les quartiers à majorité kurde d’Alep, qui sont « transformés en zones de guerre ».

Après plusieurs jours de combats, l’armée syrienne a fait son entrée lundi dans les zones dont les forces kurdes se sont retirées, compromettant gravement les ambitions d’autonomie des Kurdes. Proche allié de la nouvelle direction syrienne qui a évincé Bachar al-Assad en décembre 2024, le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué lundi l’offensive « méticuleuse de Damas contre les combattants kurdes en Syrie, malgré les provocations » et « sa remarquable sensibilité à l’égard de la sécurité des civils ».