Trump se débarrasse de son conseiller à la sécurité nationale

Le président américain Donald Trump a annoncé, mardi, dans un tweet, le limogeage de John Bolton, son conseiller à la Sécurité nationale. De l’Iran à la Corée du Nord, ils étaient en désaccord sur nombre de dossiers.

Le conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, le néoconservateur John Bolton, a été limogé par Donald Trump. Le président a souligné les «profonds désaccords» qui l’ont poussé à réclamer la démission de celui qui était surnommé le «faucon».

«J’avais de profonds désaccords sur nombre de ses suggestions, comme d’autres dans l’administration, et pour cette raison, j’ai demandé à John sa démission, qui m’a été remise ce matin», a annoncé Donald Trump ce 10 septembre sur Twitter, rendant public le limogeage de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton.

«J’ai informé John Bolton hier soir que nous n’avions plus besoin de ses services à la Maison Blanche», a encore précisé le locataire de la Maison blanche.

John Bolton, de son côté, a tweeté : «J’ai proposé de démissionner hier soir et le président Trump a dit : « Parlons-en demain ».»

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Bolton , ervent soutien d’Israël

Celui qui traînait la réputation de «faucon» pour sa ligne résolument néoconservatrice et interventionniste affichait des positions particulièrement dures envers l’Iran, la Russie, le Venezuela ou encore la Corée du Nord.

Aussi, selon le Washington Post, le conseiller à la sécurité nationale (poste clé de l’administration américaine) avait récemment été mis sur la touche lors de discussions sensibles sur l’Afghanistan, où des négociations de paix, notamment avec les Taliban, sur l’Afghanistan avaient été lancées (avant d’être rompues ces derniers jours). Cette opposition féroce à un processus qui était censé déboucher sur la fin de l’une des plus longues guerres de l’histoire des Etats-Unis aurait en effet «irrité le président Trump», selon des sources de l’administration américaine citées par le quotidien américain, provoquant sa mise à l’écart des discussions.

Ces mêmes sources ajoutaient que l’«accord nucléaire ambitieux avec la Corée du Nord» ou encore l’«engagement potentiel avec le président iranien Hassan Rohani», poursuivis par l’administration Trump, rencontraient également l’opposition du conseiller. Cela lui avait déjà valu d’être absent de négociations au sommet avec la diplomatie nord-coréenne en juin 2018. Le président américain avait finalement préféré opter pour une stratégie de détente vis-à-vis de Pyongyang, contredisant l’approche prônée par les faucons de son entourage.

Quant à l’Iran, si l’administration Trump ne s’est pas particulièrement distinguée par sa volonté de détente des relations, le conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis ne cachait pas ses intentions, affirmant en mars 2018 (peu avant sa prise de fonctions) : «Avant 2019, nous […] célébrerons en Iran.»

Partisan de frappes contre la Syrie de Bachar el-Assad, et avant cela contre Mouammar Kadhafi en Libye, John Bolton se présente également comme un fervent soutien d’Israël. Il avait notamment appelé à transférer l’ambassade américaine à Jérusalem dès novembre 2017, ce que fera Donald Trump un peu plus tard, mettant le feu aux poudres dans la région.

Sur le dossier vénézuélien, John Bolton était également très actif, appelant ouvertement à un changement de régime. «Les Etats-Unis appellent tous les membres de l’armée [vénézuélienne] à suivre l’exemple du général Yanez, et à protéger les manifestants pacifiques qui soutiennent la démocratie», écrivait-il notamment sur Twitter le 2 février, après que le général de l’armée de l’Air vénézuélienne Francisco Yanez avait annoncé reconnaître l’opposant Juan Guaido «comme président du Venezuela».

Enfin, sur la Russie, John Bolton avait, avant son poste de conseiller à la sécurité, fait état de positions pour le moins musclées, qualifiant la prétendue ingérence russe dans les élections américaines d’«acte de guerre» dans un article publié en juin 2017 sur le site du Telegraph.

«Pour Trump cela devrait être une leçon hautement salutaire sur la nature du leadership russe de voir Poutine lui mentir. Et cela devrait être une […] alerte sur la place qu’accorde Moscou à l’honnêteté, que cela concerne l’ingérence électorale, la prolifération nucléaire, le contrôle des armes ou le Moyen-Orient : négociez avec la Russie à vos risques et périls», écrivait-il.

Le président américain Donald Trump lui-même ne cachait pas ses divergences d’opinion avec John Bolton sur certains dossiers, comme lors d’une interview sur la chaîne NBC en juin 2019, lors de laquelle il avait évoqué ses conseillers très hétéroclites en politique étrangère : «J’ai deux groupes de personnes. J’ai des colombes et des faucons.» Et Donald Trump de poursuivre : «John Bolton est absolument un faucon. Si ça ne tenait qu’à lui, il s’en prendrait au monde entier en une seule fois.»

Avec agences