« Toute action unilatérale mettant en danger la stabilité sur place doit s’arrêter immédiatement »: les Serbes du Kosovo mettent fin aux blocages à la frontière entre les deux pays

Pour franchir la frontière avec la Serbie – qui ne reconnaît pas l’indépendance de son ancienne province à majorité albanaise proclamée en 2008 -, les Kosovars doivent présenter un permis de séjour temporaire en plus de leurs papiers d’identité. Pristina a alors voulu instaurer une mesure similaire. Le Kosovo avait également donné deux mois aux Serbes de son territoire pour remplacer leurs plaques minéralogiques serbes par des plaques de la République du Kosovo. D’après les estimations des médias locaux, 10.000 véhicules circulant au Kosovo portent des plaques émises par Belgrade.

Ces règles devaient entrer en vigueur lundi mais ont soulevé un mouvement de protestation et le blocage, par des camions et autres véhicules lourds, de deux postes frontaliers avec la Serbie.

Sous la pression de l’Union européenne et des États-Unis, grand allié du Kosovo, le gouvernement kosovar avait accepté de différer d’un mois (soit au 1er septembre) la mesure, à condition que les blocages soient levés.

Selon une correspondante de l’AFP, les protestataires ont enlevé les camions et autres véhicules lourds qui bloquaient depuis dimanche l’accès à un poste frontalier avec la Serbie, dans une atmosphère lourde de dissensions. Le démantèlement des barricades paralysant un second poste-frontière était toujours en cours en début d’après-midi.

Si la tension a baissé d’un cran, la Commission européenne reste préoccupée, a déclaré lundi un porte-parole de l’institution. Belgrade et Pristina ont été invitées à se réunir à Bruxelles pour tenter de trouver une solution négociée. « Toute action unilatérale mettant en danger la stabilité sur place doit s’arrêter immédiatement. La seule voie pour régler ce différend est celle du dialogue », a souligné la Commission, ajoutant que c’était la population qui payait le prix de leur mésentente.

Le Kosovo, territoire de 1,8 million d’habitants, a le statut de candidat potentiel à l’Union européenne, mais il n’est pour le moment pas question d’adhésion. Cinq pays membres (l’Espagne, la Grèce, la Roumanie, la Slovaquie et Chypre) ne reconnaissent d’ailleurs pas l’indépendance de l’ex-province. Quant à la Serbie, elle a officiellement le statut de pays candidat, mais les négociations sur son entrée dans l’UE se déroulent difficilement. La Commission insiste notamment sur la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina.

Le Kosovo a été en proie à un conflit sanglant entre 1998 et 1999 qui a opposé, dans ce qui était à l’époque une province du sud de la Serbie, la guérilla indépendantiste aux forces serbes. Le conflit a fait 13.000 morts.