Sommet européen : Le marathon budgétaire est lancé, nul ne sait quand, ni comment il se terminera

Le sommet européen lors duquel les chefs d’État et de gouvernement de l’Union devaient tenter de définir le cadre budgétaire européen 2021-2027 a débuté ce jeudi à Bruxelles… sans que l’on sache encore quand, ni comment il se terminera. Le président du Conseil européen, Charles Michel, espère que sa proposition de compromis – un budget de 1 094 milliards d’euros pour sept ans, soit 1,074 % du revenu national brut de l’Union – pourra servir de base à un accord qui doit être conclu à l’unanimité.

La partie s’annonçait particulièrement serrée, tant sont grandes les divergences entre les différents « camps ». Les pays d’Europe centrale et orientale, ainsi que ceux du Sud s’opposent à ce que l’on coupe trop largement dans les fonds dédiés à la politique de cohésion. La France, de son côté, est à la tête de ceux qui s’opposent à ce que l’on sabre dans la politique agricole commune. Le clan des « frugaux », les pays nordiques et les Pays-Bas, entendent que le volume du budget ne dépasse pas 1 % du RNB de l’UE. Le Premier ministre néerlandais Rutte (au centre de la photo) a donné le ton en expliquant, à son arrivée, qu’il avait pris un livre (une biographie de Chopin), parce qu’il ne voit pas ce qu’il y a à négocier, la position de son pays étant connue. Et de déclarer qu’il estime « plus facile de former un gouvernement belge que de conclure un accord sur le budget européen » . Le président français Macron a de son côté affirmé que parcourir « le chemin » vers un accord « peut prendre quelques heures, quelques nuits, quelques jours », tandis que le Premier ministre portugais Costa a déclaré être d’une « infinie patience ». La Première ministre belge Sophie Wilmès s’est dit prête au compromis et à ce que la Belgique contribue davantage au budget européen « mais de manière équilibrée en fonction des politiques ».