« Sans élections européennes, les Britanniques ne pourront plus être dans l’UE au-delà du scrutin »

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Les dirigeants européens ont décidé jeudi soir d’accorder au Royaume-Uni deux options pour un report du Brexit au-delà de la date initialement prévue du 29 mars, fixant désormais au 12 avril la date fatidique. La Première ministre Theresa May, interrogée pendant plus d’une heure par ses 27 collègues, obligée d’attendre l’issue de leurs discussions dans une autre salle, a accepté ces deux scénarios.

« La décision d’aujourd’hui souligne l’importance pour la Chambre des communes de voter l’accord sur le Brexit la semaine prochaine, pour que l’on puisse mettre un terme à l’incertitude et partir d’une façon souple et ordonnée », a-t-elle conclu lors d’une conférence de presse.

Selon cette offre, si les députés britanniques approuvent la semaine prochaine l’accord de divorce conclu en novembre avec l’UE, la date du Brexit sera reportée jusqu’au 22 mai. En cas de nouveau rejet, Londres aura jusqu’au 12 avril pour décider d’organiser des élections européennes. Ce qui lui permettrait alors de demander un nouveau report dont la durée n’a pas été fixée.

« Si vous décidez de ne pas organiser des élections, vous ne pourrez plus être là au-delà des élections européennes quoiqu’il advienne », a résumé le président français Emmanuel Macron à la sortie de la réunion. Theresa May a réaffirmé jeudi soir sa réticence à participer au scrutin européen, se disant « fortement défavorable à l’idée de demander aux Britanniques de participer à ces élections, trois ans après avoir voté pour quitter l’UE ».

La proposition européenne constitue un assouplissement de leur position. Plusieurs dirigeants avaient auparavant affirmé que faute de vote positif des élus britanniques, l’on s’acheminait vers une sortie sans accord du Royaume-Uni dans huit jours, synonyme de retour des contrôles aux frontières et de barrières douanières.

« La responsabilité est du côté des Britanniques »

Pour Emmanuel Macron, c’est aussi une façon de s’assurer que les Britanniques prennent leurs responsabilités. « La responsabilité maintenant est du côté des Britanniques et je pense que c’est un grand acquis de cette journée », a-t-il affirmé. A l’issue de longues heures de discussions, la nouvelle date couperet pour le Brexit devient de facto le 12 avril. « Le 12 avril est le nouveau 29 mars », a commenté un responsable européen. Jusqu’à cette date, qualifié de « clé », « toutes les options sont ouvertes », a déclaré M. Tusk, évoquant le vote de l’accord, une sortie sans accord, un long report du Brexit et même la possibilité que le Royaume-Uni renonce au Brexit.

Pour le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, « le 12 avril, nous devons savoir où nous en sommes. Si nous n’avons pas de réponse d’ici là, nous aurons un ‘no deal' ».

Le gouvernement espagnol a, lui, souligné que l’objectif de l’accord de jeudi soir était justement de « donner le maximum de possibilités pour que l’accord de retrait soit ratifié », afin de permettre une sortie ordonnée.

La Première ministre britannique souhaitait un report au 30 juin mais cette date posait problème d’un point de vue juridique à l’UE en raison du scrutin européen, prévu du 23 au 26 mai.