Salman Rushdie poignardé: qui est Hadi Matar, le suspect de 24 ans ?

L’auteur Salman Rushdie a été visé par une fatwa de l’ayatollah iranien Ruhollah Khomeyni en 1989, après la publication de ses « Versets sataniques », livre que de nombreux musulmans considèrent comme blasphématoire. Vendredi 12 août, il a été poignardé au cou et à l’abdomen dans l’Etat de New York. Selon l’agent de Salman Rushdie, « il va probablement perdre un œil. Les nerfs de son bras ont été sectionnés et il a été poignardé au niveau du foie« .

Un homme a été arrêté et placé en garde à vue par la police de l’État de New York. Il s’agit de Hadi Matar, 24 ans et originaire de Californie, aux États-Unis. Les motifs ne sont pas encore connus, mais on en sait un peu plus sur cette personne.

L’homme serait d’origine libanaise et aurait des accointances avec l’extrémisme chiite, ont indiqué au New York Post des sources policières. Selon les premiers éléments de l’enquête, il soutiendrait les Gardiens de la révolution islamique d’Iran.

Profil Facebook suspendu

Le profil Facebook de l’agresseur a été suspendu par le réseau social. L’homme y affichait allégrement son soutien pour le régime iranien et l’idéologie des Gardiens de la révolution. On pouvait notamment y voir une photo du commandant iranien Qassem Solemani, assassiné en 2020 par une frappe américaine. Pour photo de profil, Hadi Matar avait choisi la figure de l’Ayatollah Khomeiny, le « guide suprême de la révolution », qui a pris la tête de l’Iran en 1979 et a lui-même lancé la fatwa contre Salman Rushdie dix ans pus tard.

Cette image tirée d'une vidéo montre Hadi Matar, 24 ans, escorté de la scène alors que des personnes s'occupent de l'auteur Salman Rushdie
Cette image tirée d’une vidéo montre Hadi Matar, 24 ans, escorté de la scène alors que des personnes s’occupent de l’auteur Salman Rushdie ©AP

Selon les informations du Figaro, l’auteur de cette tentative d’assassinat avait également un faux permis de conduire au nom de « Hassan Mughniyah ». Le nom évoque celui d’un officier des Gardiens de la révolution islamique d’Iran, explique le quotidien français. Imad Mughniyah dirigeait la branche libanaise du Hezbollah. Il a été abattu en 2008 par Israël, avec le soutien des États-Unis.