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Réunion entre l’Iran et les États-Unis au Pakistan : détails sur négociateurs et sécurité.

Le 28 février, des frappes américaines et israéliennes ont tué le guide suprême iranien Ali Khamenei, faisant plus de 3.000 morts. Le 8 avril, un cessez-le-feu convenu entre Washington et Téhéran est entré en vigueur, mais ce dernier expire le 22 avril.


Transformer un fragile cessez-le-feu en une paix durable entre les États-Unis et l’Iran est l’objectif des pourparlers qui devraient se dérouler à Islamabad, sous l’égide d’un médiateur pakistanais. Le 28 février, des frappes américaines et israéliennes ont tué le guide suprême iranien Ali Khamenei et ciblé de nombreuses infrastructures, entraînant plus de 3 000 morts. En réponse, l’Iran a attaqué Israël et plusieurs pays du Golfe, tout en bloquant presque entièrement le détroit d’Ormuz, par lequel passe environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux.

Le 8 avril, un cessez-le-feu convenu entre Washington et Téhéran est entré en vigueur, mais il expirera le 22 avril, d’où la nécessité de ces pourparlers. Négociateurs, médiateurs, dispositif de sécurité… Voici quatre éléments à connaître concernant cette réunion, dont l’incertitude demeure, l’arrivée des délégations n’ayant pas encore été confirmée.

### Un immense fossé entre les deux parties

La proposition américaine, comportant 15 points, met l’accent sur l’uranium enrichi iranien, les missiles balistiques, l’allégement des sanctions et la réouverture du détroit d’Ormuz. De son côté, le plan iranien, qui comporte 10 points, exige le contrôle du détroit avec un péage pour les navires le traversant, la cessation des opérations militaires dans la région et la levée des sanctions. « Le refus de l’Iran de céder aux exigences nucléaires de longue date des États-Unis ne manquera pas d’empêcher un accord à Islamabad », prédit le Soufan Center, un think tank basé à New York.

Le Liban représente également un point de blocage majeur. Israël continue ses frappes contre le Hezbollah malgré le cessez-le-feu, affirmant que le Liban n’est pas concerné par cette trêve.

Le vice-président américain JD Vance a évoqué un possible « malentendu légitime » du côté iranien à ce sujet. Jeudi, le président iranien Massoud Pezeshkian a averti que les frappes israéliennes au Liban rendaient les négociations « dénuées de sens ».

### Qui sont les négociateurs ?

JD Vance dirigera l’équipe américaine, accompagnée de l’émissaire Steve Witkoff et de Jared Kushner, le gendre du président. Steve Witkoff avait déjà participé à des discussions, sous médiation d’Oman, avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avant que la guerre ne mette fin au processus.

La délégation iranienne n’a pas été officiellement annoncée, mais des médias et le Soufan Center évoquent la participation du président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. Cette délégation considère les pourparlers « comme un aveu implicite des États-Unis que le régime ne peut pas être renversé par des puissances extérieures », souligne le Soufan Center.

### Le Pakistan en médiateur

Le Pakistan joue le rôle de médiateur grâce à ses bonnes relations avec les deux parties. L’Iran a été le premier pays à reconnaître le Pakistan après son indépendance en 1947. Les deux voisins partagent une frontière de 900 kilomètres et des liens historiques, culturels et religieux solides. Islamabad représente les intérêts diplomatiques de Téhéran à Washington en l’absence d’ambassade iranienne et compte plus de 20 millions de musulmans chiites, la deuxième plus grande communauté chiite du monde après l’Iran.

Islamabad entretient également des relations étroites avec Washington, Riyad et Pékin. Donald Trump a en effet déclaré à l’AFP que la Chine avait joué un rôle dans la conviction de l’Iran à négocier. « L’espoir s’amenuisait mais la Chine est intervenue et a convaincu l’Iran d’accepter un cessez-le-feu préliminaire », a confirmé à l’AFP un haut responsable pakistanais.

### Important dispositif de sécurité

Le gouvernement pakistanais n’a pas confirmé le lieu exact des discussions et même la date de leur démarrage reste floue.

L’hôtel Serena, situé dans la zone rouge hautement sécurisée de la capitale, a demandé à ses clients de quitter les lieux mercredi. La ville a été placée sous haute sécurité, avec déploiement de soldats armés et de nombreux contrôles de police.

Les pourparlers devraient rester indirects, avec les délégations dans des pièces séparées et une navette des intermédiaires pakistanais, comme cela a été le cas lors des discussions précédentes.