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République démocratique du Congo : C’est quoi le M23, ce groupe armé qui sème le chaos au nord-est du pays ?

Les combattants du M23 et plus de 3.500 soldats rwandais, selon l’ONU, ont pénétré dimanche dans Goma qu’ils assiégeaient depuis plusieurs jours. Principale ville de l’est de la République démocratique du Congo, Goma s’apprêtait à tomber aux mains des rebelles.

Cette pénétration dans la capitale de la province du Nord-Kivu, située à la frontière rwandaise et qui compte un million d’habitants et autant de déplacés, ponctue plusieurs semaines d’avancée des soldats rwandais et des combattants du M23 face à une armée congolaise qui semblait débordée.

Créé en 2012, le mouvement ressurgit en 2021

Le M23, pour Mouvement du 23 Mars, a été créé en 2012 dans la province du Nord-Kivu, au nord-est de la République démocratique du Congo, par des rebelles à majorité Tutsi. Ils accusaient alors Kinshasa de ne pas respecter l’accord de paix du 23 mars 2009, signé avec les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Ce sont d’anciens membres du CNDP qui fondent le M23, et réussissent à occuper Goma brièvement fin 2012. Ils sont toutefois vaincus militairement l’année suivante.

Le M23 ressurgit fin 2021 en RDC et multiplie depuis les offensives dans le Nord-Kivu, une région riche en différents minerais. Des affrontements contre l’armée régulière congolaise, soutenue par les Casques bleus et la force régionale d’Afrique australe, éclatent régulièrement. Ces dernières semaines, ils se sont intensifiés.

Le Rwanda derrière M23 ?

Même s’il est présenté comme un groupe de rebelles congolais, le M23 accusé de nombreuses exactions contre les populations locales, est fortement soupçonné d’être soutenu et contrôlé par le Rwanda voisin et son armée régulière. La RDC accuse le Rwanda de vouloir faire main basse sur les richesses de l’est congolais, ce que Kigali dément. Dimanche, Kinshasa a estimé que Kigali lui a « déclaré la guerre » en envoyant ce week-end de nouvelles troupes en RDC, entre 500 et 1.000 hommes selon des sources onusiennes, alors que l’ONU a appelé Kigali à retirer ses forces de la région.

Le Rwanda n’a jamais explicitement reconnu une agression territoriale en RDC, et réitère que le M23 est un problème congolais. « Le M23, un groupe rebelle congolais se battant pour protéger sa communauté dans l’est de la RDC, ne peut pas être accusé de violer « l’intégrité territoriale » de son propre pays », estime Kigali dans un communiqué. « Il est important de rappeler que la résurgence du M23 fin 2021 n’a pas eu lieu au Rwanda, même si le gouvernement de la RDC a fait du Rwanda un bouc émissaire alors que la communauté tutsie congolaise, que le M23 représente, est confondue avec le Rwanda », est-il ajouté.

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La communauté internationale met cependant clairement en cause Kigali. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres appelle ainsi « les Forces rwandaises de défense à cesser de soutenir le M23 et à se retirer du territoire de la RDC ». L’Union européenne a également appelé le M23 à « arrêter son avancée » et le Rwanda à « se retirer immédiatement »