RDC: le gouvernement demande le départ du porte-parole de la Monusco

Cette demande figure dans une lettre adressée le 28 juillet par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala, au quartier général de la Monusco, installé à Kinshasa – dont l’agence Belga a également obtenu une copie.

Dans sa correspondance, le chef de la diplomatie congolaise considère que les tensions actuelles entre la Monusco et la population seraient dues « aux déclarations indélicates et inopportunes du porte-parole de la Monusco.

« Le gouvernement (congolais) considère que la présence de ce fonctionnaire sur le territoire national n’est pas de nature à favoriser un climat de confiance mutuelle et de sérénité si indispensable entre les institutions congolaises et la Monusco en vue, non seulement du meilleur accomplissement du mandat confié à cette dernière par le Conseil de sécurité des Nations unies, mais aussi de faire aboutir le plan de transition aux fin de son retrait définitif de la RDC, d’ici à l’horizon 2024, comme convenu », ajoute M. Lutundula.

« Le gouvernement appréciera t-il beaucoup que des dispositions soient prises pour que M. Gillman quitte le territoire dans le plus bref délai », poursuit-il.

Dans une interview en marge d’une conférence de presse le 13 juillet à Kinshasa, M. Gillmann avait affirmé que le déploiement d’une grande partie des ressources de la Monusco de l’armée congolaise dans la lutte contre la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23) avait des implications négatives sur les autres régions où opèrent d’autres groupes armés. Il avait répété le message de la mission onusienne qui insiste sur l’urgence de parvenir à la désescalade dans la crise du M23 pour lui permettre de se focaliser sur d’autres crises.

De violentes manifestations contre la Monusco et ses Casques bleus, accusés d’inefficacité dans leur mission de neutralisation des groupes armés locaux et étrangers qui pullulent à l’est du pays, ont eu lieu depuis la fin juillet dans plusieurs villes de l’est. Elles ont entraîné la mort de 36 personnes -quatre Casques bleus et 32 manifestants-, selon le bilan officiel provisoire des autorités congolaises.