RDC: au moins cinq tués à Goma lors de manifestations contre la mission de l’ONU

« Au moins cinq morts, une cinquantaine de blessés », a écrit sur Twitter Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, promettant de revenir dans une conférence de presse conjointe avec le chef adjoint de la mission de l’ONU « sur le bilan humain, matériel ainsi que les conséquences à tirer » de ces manifestations.

Selon un correspondant de l’AFP sur place, une balle a apparemment été tirée vers 11H00 (10H00 heure belge) de l’intérieur de la base logistique de la Monusco (Mission de l’ONU en RDC) et a atteint un jeune manifestant à la tête. Une ambulance de l’armée congolaise est ensuite passée prendre le corps, selon ce correspondant.

Tôt le matin, des centaines de manifestants ont envahi les abords de la base logistique de la Monusco et ont attaqué le camp de transit de la mission situé hors du centre-ville de Goma, capitale de la province troublée du Nord-Kivu.

Les forces de sécurité congolaise contenaient la foule aux abords de la base logistique.

« Nous ne voulons plus de la Monusco », « bye bye Monusco », pouvait-on lire sur les affiches de cette « campagne » anti-mission onusienne en RDC.

A Beni, ville située à 350 kilomètres au nord de Goma dans le Nord-Kivu (est), les activités étaient paralysées par des manifestants anti-Monusco. Dans plusieurs quartiers, des pneus sont brûlés. Des stations services sont fermées ainsi que les magasins et marchés.

Des militaires sont déployés sur la route nationale N°4 qui conduit vers la base locale de Monusco dans la ville.

La situation était la même à Butembo, important carrefour commercial du Nord-Kivu où les activités étaient paralysées. Devant une base de la Monusco, des manifestants ont été dispersés par les forces de sécurité, selon des témoins.

Lundi, des centaines de manifestants avaient pris d’assaut le quartier général local de la Monusco et sa base logistique en exigeant le départ des casques bleus de la RDC. Les manifestants avaient ensuite cassé des vitres, des murs et pillé des ordinateurs, des chaises, des tables et des objets de valeur.

« La Monusco dénonce vigoureusement l’attaque de ses locaux à Goma, dans le Nord-Kivu, perpétrée par un groupe de pilleurs en marge d’une manifestation qui, de surcroît, a été interdite par le maire de la ville de Goma », avait alors écrit la mission dans un communiqué.

Le gouvernement congolais avait aussi condamné « toute forme d’attaque contre le personnel et les installations des Nations Unies », selon M. Muyaya en promettant que « les responsables seront poursuivis et sévèrement sanctionnés ».

Présente en RDC depuis 1999, la Monuc (Mission de l’ONU au Congo) qui est devenue la Monusco (Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC) en 2010, compte actuellement plus 14.000 soldats de la paix.