RDC: à Goma, un QG attend la force régionale

Contre le mur d’enceinte de l’immeuble de trois étages, près du lac Kivu, se dresse un grand panneau sur lequel figurent les drapeaux des pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et le sigle, en français et anglais, indiquant qu’ici se trouve le quartier général de la force régionale.

En juin, à Nairobi, les dirigeants des sept États membres (Burundi, Kenya, Rwanda, Tanzanie, Soudan du Sud, Ouganda et RDC) avaient annoncé officiellement la création de cette force, placée sous commandement militaire du Kenya. Le nouveau président kényan, William Ruto, a confirmé mercredi le déploiement de troupes dans le cadre de cette force, lors d’une cérémonie de remise de drapeau au commandant du contingent kényan, le colonel Daniel Rotich. Selon l’armée kényane, près d’un millier d’hommes ont suivi un entraînement mais Nairobi n’a pas précisé combien seraient déployés, ni selon quel calendrier.

Méfiance de la population

La force régionale doit également comprendre des militaires du Burundi, d’Ouganda et du Soudan du Sud. Un contingent du Rwanda sera positionné le long de la frontière avec la RDC mais ne fera pas partie de la force déployée sur le territoire congolais. La RDC s’y est opposée, accusant le Rwanda de soutenir le M23 (« Mouvement du 23 mars »), une ancienne rébellion tutsie qui a repris les armes fin 2021 et gagné récemment du terrain au nord de Goma.

En éclaireur de la force régionale, le Burundi a envoyé un contingent en août vers Uvira, dans la province du Sud-Kivu, frontalière du Burundi, où sévissent, en plus de milices locales, des groupes rebelles burundais. L’armée ougandaise est elle aussi présente en RDC, dans le nord du Nord-Kivu et en Ituri. Les Sud-Soudanais devraient quant à eux intervenir dans la province du Haut-Uélé, frontalière de leur pays.

De nombreux autres pays ont des soldats en RDC dans le cadre de la Mission de l’Onu (Monusco), présente depuis vingt-deux ans et critiquée par nombre de Congolais qui la jugent inefficace. L’annonce en juin du déploiement de la force est-africaine avait été accueillie avec une grande méfiance dans les provinces concernées, qui demandent plutôt un renforcement de leur armée nationale.

L’est de la RDC, vaste pays riche en minerais et en ressources naturelles, est en proie à des dizaines de groupes armés, dont beaucoup sont un héritage de deux guerres régionales datant des années 1990.