RD du Congo : Kinshasa craint « au moins 200 morts » après un éboulement minier
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré craindre un bilan « d’au moins 200 morts » après un glissement de terrain « massif » survenu mercredi sur le site minier de Rubaya. Selon des experts de l’ONU, le M23 a mis en place à Rubaya « une administration semblable à celle d’un Etat », en créant notamment un « ministère chargé de l’exploitation des minéraux ».
Après un glissement de terrain « massif » survenu mercredi sur le site minier de Rubaya, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré, dans un communiqué transmis dimanche à l’AFP, craindre un bilan « d’au moins 200 morts ».
Les mines de Rubaya, où travailleraient principalement des mineurs artisanaux dans des conditions précaires, produisent entre 15 et 30 % du coltan mondial. Elles sont depuis avril 2024 sous le contrôle du groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda. L’est de la RDC détiendrait au moins 60 % des réserves mondiales de ce minerai dont le tantale est essentiel à la fabrication des équipements électroniques modernes.
### Une région ravagée par les conflits sous le contrôle du groupe M23
La région, affectée par des conflits depuis trente ans, a connu une intensification de la violence depuis 2021 avec la résurgence du groupe armé M23, qui, soutenu par Kigali, s’est emparé des grandes villes de Goma et Bukavu en janvier et février 2025.
Le site de Rubaya, qui couvre plusieurs dizaines de km2, est situé à environ 70 kilomètres à l’ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu.
Selon des informations encore très partielles obtenues par l’AFP, un pan de colline de ce vaste site accidenté s’est détaché mercredi après-midi. Un autre glissement de terrain s’est produit jeudi matin.
### Des informations au compte-goutte
Le gouverneur de la province du Nord-Kivu nommé par le M23, Eraston Bahati Musanga, qui s’est rendu sur place vendredi, avait signalé à l’AFP un bilan « d’au moins 200 morts », sans que ce chiffre ne puisse être confirmé par des sources indépendantes. Ce responsable M23 a par ailleurs fait état de corps extraits des décombres, sans toutefois fournir de chiffre.
Dans cette zone isolée du vaste pays d’Afrique centrale, le réseau téléphonique est coupé depuis plusieurs jours. L’administration congolaise et les organisations de la société civile ont quitté la zone lors de l’arrivée du M23.
Les informations parviennent « au compte-goutte par des motards qui circulent » dans la région, rendant difficile pour l’instant l’établissement d’un bilan précis, a expliqué une source humanitaire contactée par l’AFP.
### Une administration établie par le M23
Des experts de l’ONU ont indiqué que le M23 a mis en place à Rubaya « une administration semblable à celle d’un État », en créant notamment un « ministère chargé de l’exploitation des minéraux » qui délivre des « permis aux mineurs et aux opérateurs économiques ».
La taxation des activités minières par le groupe armé lui rapporte plusieurs centaines de milliers de dollars par mois, grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce du coltan, toujours selon les experts de l’ONU.
Kinshasa a appelé dimanche « la communauté internationale à prendre pleinement la mesure de ce drame », qu’il qualifie de « conséquence d’une occupation armée et d’un système organisé de pillage » par le M23 et le Rwanda.

