Quand Trump sympathisait allègrement avec Jeffrey Epstein: « Un type génial » (VIDÉO)

Amérique

Jeffrey Epstein a été retrouvé mort dans sa cellule new-yorkaise ce samedi, une mort qui a causé la stupeur et déclenché des enquêtes du FBI et du ministère de la Justice. L’homme accusé d’agressions sexuelles sur mineures était une connaissance de Donald Trump.

Jeffrey Epstein a été arrêté et inculpé début juillet pour avoir organisé, pendant plusieurs années, un réseau constitué de dizaines de jeunes filles sous son emprise, certaines collégiennes, avec lesquelles il avait des rapports sexuels dans ses nombreuses propriétés, notamment à Manhattan et en Floride.

Les témoignages qui sont ressortis via des documents judiciaires et des médias américains brossaient de ce brillant et riche homme d’affaires, ex-professeur de mathématiques, l’image d’un prédateur insatiable de jeunes filles, qu’il faisait recruter par dizaines et venir dans ses somptueuses résidences.

Bien que son nom ait déjà été inscrit au fichier des délinquants sexuels après une première condamnation il y a plus de 10 ans pour prostitution en Floride – pour laquelle il avait écopé d’une peine minime de 13 mois après un accord contesté avec un procureur fédéral – une perquisition début juillet dans sa maison du quartier huppé de l’Upper East Side à Manhattan avait révélé une salle de massage où il aurait entraîné ses victimes présumées.

« Un type génial »

Le journal Miami Herald avait enquêté sur cet accord en 2018, relançant l’enquête. En juillet, après l’inculpation de Jeffrey Epstein à New York, l’ex-procureur de Floride, Alexander Acosta, devenu ministre du Travail de l’administration Trump, avait dû démissionner.

Selon plusieurs témoignages, employées et recruteuses géraient au millimètre un sombre emploi du temps, avec prise de rendez-vous, transport, parfois même en jet privé, instructions et rétribution, souvent 200 à 300 dollars par visite, voire cadeaux.

Des centaines de pages de documents judiciaires rendus publics vendredi étaient venus confirmer qu’il avait longtemps été une figure incontournable des soirées mondaines new-yorkaises, proche de nombreuses personnalités.

« Je connais Jeff depuis 15 ans. Un type génial », disait ainsi Donald Trump, alors lui-même membre éminent de la jet set, dans un entretien en 2002. « On dit même qu’il aime les jolies femmes autant que moi, et beaucoup sont plutôt jeunes ». Récemment, une vidéo de 1992 avait resurgi. montrant Donald Trump en train de faire la fête avec le financier Jeffrey Epstein.

Les images montrent une soirée organisée par Donald Trump dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, à laquelle participent plusieurs belles femmes blondes, toutes pom-pom girls de grandes équipes de football américain, selon la chaîne.

A un moment, le magnat de l’immobilier se penche vers un de ses invités, Jeffrey Epstein, et lui glisse des mots à l’oreille en pointant du doigt les jeunes femmes sur la piste de danse.

Selon NBC, il lui dit « she is hot » (elle est sexy), avant d’ajouter une seconde blague inaudible. Ses commentaires provoquent l’hilarité du financier.

« Pas fan… »

Depuis l’arrestation le 6 juillet de Jeffrey Epstein, le locataire de la Maison Blanche a toutefois changé de ton, assurant avoir coupé les ponts depuis plusieurs années. « Je n’étais pas un fan de Jeffrey Epstein. Ce n’est pas quelqu’un que je respectais », a-t-il encore affirmé vendredi.

Le scandale a déjà coûté son poste à son ministre du Travail, Alexander Acosta. Ce dernier a démissionné vendredi, accusé d’avoir mal géré les premières accusations contre le financier en 2008, alors qu’il était procureur fédéral en Floride.