Procès des attentats de Paris: El Haddad Asufi, un « vendeur de shit, pas un terroriste »

Ali El Haddad Asufi était l’un des « témoins privilégiés » des agissements de la cellule et, si l’origine des armes du 13 novembre 2015 n’a jamais pu être retracée, il fait partie, selon l’accusation, de ceux qui ont cherché à s’en procurer. Seize ans de prison ont été requis contre lui.

Cette implication, Ali El Haddad Asufi l’a toujours contestée. Vendredi, en plaidoirie devant la cour d’assises, son avocat, Me Jonathan De Taye, a demandé à la cour « d’écrire en lettres d’or une page de l’histoire judiciaire française en acquittant » son client, « qui est innocent ».

Pour Me De Taye, il ne fait pas de doute qu’un voyage effectué à Rotterdam ne s’inscrivait pas dans un achat d’armes, mais bien dans un achat de stupéfiant, par son client « trafiquant ponctuel » de cannabis. Il a ainsi regretté que l’on se soit « fourvoyé à Rotterdam avec un dossier vide ». Il voit dans ce volet d’armes « l’échec absolu de ce dossier ».

Il s’étonne aussi que d’autres pistes évidentes n’aient pas été davantage creusées : Khalid El Bakraoui a ainsi été impliqué dans un dossier de chargeurs de Kalachnikov. C’est qu’il possédait déjà les armes, en déduit Me De Taye.

Pour l’accusation, Ali El Haddad Asufi aurait dû se rendre compte qu’Ibrahim El Bakraoui préparait des attentats. Il l’a visité dans la cache d’Etterbeek. Mais, pour la défense, le fait qu’Ali El Haddad Asufi n’ait rien remarqué s’explique. Il pensait que son ami, qui était recherché dans le cadre d’un dossier de droit commun, souhaitait mettre un peu de distance avec la justice. Me De Taye a plaidé l’acquittement de l’association de malfaiteurs, ne reconnaissant que le recel de malfaiteurs.

Suite des défenses lundi.