Présidentielle: Jacob demande à Woerth de quitter LR après son soutien à Macron

Dans une interview au Parisien, M. Woerth, président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale, a estimé que l’actuel président, qui n’a pas encore déclaré sa candidature, est « le mieux à même de défendre l’intérêt de la France et des Français »

« J’ai du respect et de l’amitié pour Valérie Pécresse » et « ce n’est pas une question personnelle » mais « je n’adhère pas au discours de LR », qui décrit une France « nostalgique, recroquevillée sur elle-même », a ajouté l’ex-ministre.

Le président de LR Christian Jacob a immédiatement demandé à Eric Woerth de quitter la présidence de la Commission des finances de l’assemblée. Il ne peut « en aucun cas » rester LR, a-t-il affirmé à l’AFP, en disant sa « déception » et ses « regrets ».

« Il y a un minimum de dignité à avoir envers ceux qui ont toujours été à ses côtés », a affirmé M. Jacob, selon qui « il faut relativiser: Eric Woerth est un parlementaire en fin de carrière ». « Ses affaires judiciaires ont sans doute pesé » dans sa décision, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, Eric Woerth a dit se mettre « en congé de notre formation politique pour être en cohérence avec ma décision ». Au Parisien, il a dit qu’il n’adhérait ni à LREM « ni à la majorité telle qu’elle est constituée aujourd’hui ».

Cette décision, saluée par plusieurs ministres ex-LR comme Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, intervient alors que certains LR s’inquiètent d’un faux plat de Valérie Pécresse, qui marque le pas dans les sondages, et l’appellent à donner plus de chair à sa campagne.

M. Woerth a expliqué sa décision en affirmant qu' »on ne peut pas n’être obnubilé que par l’islamisme radical, même si c’est fondamental ».

« C’est malheureusement ce qui ressort de (la) campagne » de Valérie Pécresse, a-t-il ajouté, déplorant « une forme de course-poursuite entre les candidats sur les sujets sécuritaires », qui sont « importants » mais « ne peuvent à eux seuls constituer un projet global ».

« Je m’intéresse plus à la France de mes enfants qu’à celle de mon enfance », a ajouté M. Woerth, en s’interrogeant: « où sont les perspectives? »

Par contraste, « un second mandat d’Emmanuel Macron serait une chance pour la France, comme ça aurait été le cas pour Nicolas Sarkozy », a-t-il affirmé, estimant que le chef de l’Etat « a montré qu’il savait gérer les crises les plus graves » à un moment où « nous avons besoin de réformes et de stabilité ».

A l’Assemblée nationale, le député LFI Ugo Bernalicis a fait un rappel au règlement pour questionner le maintien d’Eric Woerth à la tête de la commission des Finances, qui revient selon les règles à un groupe d’opposition. « Monsieur le député, ce n’est pas ici et maintenant que cette question se réglera », a répondu la vice-présidente de l’Assemblée et responsable LR Annie Genevard, qui présidait la séance.