Présidentielle française : coup dur pour Le Pen, Pécresse en meeting pour relancer sa campagne

« Elles (mes idées) ne sont plus portées par Marine Le Pen et elles sont portées par Eric Zemmour. A partir de là, il est évidemment cohérent, logique, de soutenir Eric Zemmour », a annoncé Stéphane Ravier sur Europe1/CNews/LesEchos, regrettant la « volonté d’arrondir les angles » de la candidate.

Marine Le Pen « manque de combativité, elle n’a plus la niaque, elle n’a plus envie. Elle est en permanence en train de composer, de reculer avant d’être élue », a regretté le sénateur, soulignant son militantisme au Front National, devenu Rassemblement national depuis « 30 ans ».

Le président du RN Jordan Bardella a minimisé ce nouveau départ, après celui de trois eurodéputés et plusieurs conseillers régionaux, saluant même « une clarification » par des « amoureux de la provocation » et des partisans d’une « ligne peut-être plus brutale que celle du RN ».

Or cette ligne « ne permet pas de gagner une présidentielle » qu’Eric Zemmour « n’a aucune chance de remporter » au vu des sondages, a jugé le chef par intérim du RN sur RTL/LCI/Le Figaro.

Des divisions vues dans le camp du quasi-candidat Emmanuel Macron comme un « mercato », selon Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères.

« Conquérante »

« On a un mercato à la droite et à l’extrême droite qui montre une grande confusion idéologique et « une grande fragilité », a estimé Clément Beaune sur LCI, en référence aux défections qui touchent aussi LR.

Comme l’actuel chef de l’Etat, il a justifié le fait qu’Emmanuel Macron n’annonce pas encore sa candidature par une « actualité diplomatique extrêmement lourde » autour de la crise ukrainienne, dans laquelle le président tente une médiation.

A droite, la candidate LR Valérie Pécresse, bien décidée à se poser en alternative à Emmanuel Macron, tient son premier meeting d’ampleur, alors que sa campagne traverse un faux plat. Elle avait dû renoncer, en raison de la crise sanitaire, à cette grande réunion publique le 11 décembre.

Attendant quelque 6.000 personnes au Zénith, elle devrait être seule sur scène même si son discours, prévu vers 15H00-15H30, et précédé de vidéos de responsables LR.

Elle devrait répondre aux attaques d’Eric Zemmour, qui en a fait sa cible favorite samedi dans le Morvan, sans même citer une fois le nom de Marine Le Pen. Le « centre droit » de Valérie Pécresse, a-t-il martelé, « ne vaudra pas mieux que le centre gauche d’Emmanuel Macron ».

« Je suis la femme à abattre », répond la candidate au Journal du Dimanche. « Tous les coups se concentrent sur moi : ceux de la Macronie comme ceux d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen. Je suis un danger politique parce que je suis la seule à incarner une alternative sérieuse à Emmanuel Macron. Mais je le dis à tous ceux qui me tirent dans le dos : je suis une conquérante ».

Couleuvres

Dans ce contexte, les sondages d’après meeting seront particulièrement scrutés, à moins de deux mois du premier tour.

« Dimanche on joue gros parce que si elle se plante, ça va être chaud en interne », affirme un élu LR.

La famille LR serre les rangs, malgré les couleuvres avalées en amont, notamment la défection d’Eric Woerth mercredi, parti soutenir Emmanuel Macron après 40 ans à droite, suivie quelques heures après de celle de la maire de Calais Natacha Bouchart.

Autre grain de sable: jeudi Le Figaro se faisait l’écho de propos sévères prêtés en privé à Nicolas Sarkozy qui ne sera pas présent au meeting: « Valérie part dans tous les sens », elle n’a « rien compris à la campagne » et « est inexistante, « il n’y a pas de dynamique ».

A gauche, 6.000 personnes sont aussi attendues à Montpellier pour l’un des plus importants meetings de Jean-Luc Mélenchon. Il entend y décliner son « plan pour le plein emploi », publié samedi. Celui qui espère capter le vote des classes populaires devrait aussi parler des convois anti-Macron dits « de la liberté », qui ont défilé à Paris samedi contre le pass vaccinal et la hausse des prix.

Sa concurrente à gauche Anne Hidalgo, toujours aux prises avec des sondages calamiteux, poursuit un déplacement aux Antilles. Après un meeting à Basse-Terre (Guadeloupe) samedi, la candidate PS doit visiter en Martinique une baie touchée par les sargasses.