Présidentielle 2022: la réélection de Macron conduirait au « chaos général », estime Marine Le Pen

La réélection éventuelle d’Emmanuel Macron à la présidence de la République conduirait à un « chaos (qui) serait absolument général », après un premier mandat « de violences », a jugé samedi la candidate à l’Elysée Marine Le Pen, qui veut être la présidente de la « paix civile ».

« Si Emmanuel Macron, pour le plus grand malheur de la France, était amené à effectuer un deuxième mandat, le chaos serait absolument général », a déclaré la présidente du Rassemblement national après avoir déposé une gerbe au pied de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides à Paris, à l’occasion du 1er-Mai.

« Ce serait le saccage social, celui qu’il n’a pas encore réussi totalement à mettre en oeuvre, ce serait la purge fiscale car l’Union européenne va évidemment réclamer maintenant la mise en oeuvre des mesures qui ont été suspendues par la crise du Covid » et « ce serait la continuation de la vente à la découpe de la France et de nos grands groupes », a ajouté la dirigeante d’extrême droite, qui se présente pour la troisième fois à l’élection présidentielle et veut axer sa campagne sur « la protection, la projection et la transmission ».

Pour Marine Le Pen, « il ne restera du mandat d’Emmanuel Macron que cette impression de désunion, de destruction ». « Nous venons de vivre quatre ans de chaos, de désunion, de fragmentation », a-t-elle jugé.

« Moi je veux être la présidente de la paix civile et du rassemblement national, et de l’union nationale. Il y a beaucoup à faire pour retisser ce qu’Emmanuel Macron a consciencieusement déchiré pendant quatre ans », a ajouté la candidate à la présidentielle de 2022.

Mme Le Pen a ensuite présidé un meeting numérique pour lancer la campagne des élections régionales et départementales de juin, lors duquel elle a fustigé à nouveau des « renoncements politiques ».

Sur le plan sécuritaire, le « terrorisme islamiste » a « prospéré sur l’irresponsabilité migratoire et le renoncement criminel à l’idée (…) d’assimilation », estime-t-elle. Et au plan économique, « les apôtres de la mondialisation heureuse » se sont rendus « complices du délitement de notre appareil productif ».

« Quand un pays est gouverné par des dirigeants qui ne croient plus en son unité, en sa grandeur, en sa capacité à marquer l’histoire, c’est le délitement qui menace », a-t-elle dit, reprenant le terme d’une tribune controversée de militaires, qui se disaient prêts à « intervenir » face au « délitement » du pays et à son « chaos croissant » à leurs yeux.

La cheffe du RN s’est particulièrement adressée aux jeunes, « premières victimes des errements et des fautes de nos gouvernants ». Le RN est devenu le premier parti des 25-34 ans, selon plusieurs sondages, alors que les 18-24 ans votent plutôt pour Emmanuel Macron ou le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

La candidate à l’Elysée a proposé que tout jeune de moins de 30 ans qui créera son entreprise puisse bénéficier d’une dotation en fonds propres « égale à ses propres apports », et d’une exonération totale d’impôts pendant 5 ans.

Elle a aussi promis de « généraliser un chèque formation » aux entreprises, d’un montant qui pourra atteindre « 5.000 à 6.000 euros par an pour la formation d’un lycéen, et jusqu’à 8.500 euros par an pour un étudiant ».

Elle a également évoqué une « politique massive de soutien aux jeunes familles » avec des prêts publics à taux zéro, dont le remboursement sera « différé à chaque naissance ».