Pourquoi l’Allemagne réussit à limiter le nombre de morts du coronavirus…

L’Allemagne compte plus de cas que la France, mais nettement moins de morts. Explications.

Si aucun pays n’est épargné par le coronavirus, tous ne sont pas égaux devant le nombre de victimes. Parmi nos voisins, l’Allemagne présente à ce titre un bilan interpellant. Avec un nombre de cas de contaminations plus élevé qu’en France, le nombre de morts y est en revanche nettement moins élevé.

Le cap des 100 décès dus au nouveau coronavirus a cependant été franchi en Allemagne après la mort de 28 personnes en une journée, a indiqué l’Institut Robert Koch. Un total de 114 personnes ont ainsi succombé à la maladie en Allemagne. Quelque 4 764 contaminations supplémentaires ont également été enregistrées, portant ainsi le nombre total à 27 436.

La France, de son côté, enregistrait 186 morts sur la seule journée de lundi, portant le total de décès à 860 depuis le début de l’épidémie. Sur l’ensemble du territoire, la barre des 20 000 contaminés a aussi été franchie.

Le taux de mortalité en Allemagne est donc nettement moins élevé que dans l’Hexagone. Différents facteurs permettent d’analyser ces inégalités. D’une part l’âge moyen des personnes contaminées en Allemagne est beaucoup plus faible. Les premiers cas diagnostiqués étaient en effet des jeunes revenus des sports d’hiver en Italie. Un public moins exposé aux complications et hospitalisations, pouvant en partie expliquer un taux de mortalité plus faible.

“En Allemagne, plus de 70 % des personnes qui ont été identifiées comme infectées jusqu’à présent ont entre 20 et 50 ans”, a expliqué le président du Robert Koch Institut, chargé de piloter la lutte contre la pandémie.

Mais ce n’est pas l’unique raison de ce plus faible taux de mortalité. L’Allemagne a en effet adopté une stratégie massive de tests, comme le recommande l’OMS, dont les recommandations sont de tester tous les cas, mêmes bénins.

Depuis le diagnostic du premier test, en Bavière, fin janvier, les autorités ont en effet décidé de mettre le plus rapidement possible en place des tests de dépistage à grande échelle.

D’après le Robert Koch Institut, environ 12 000 tests sont réalisés par jour. Pour être testé, il suffit d’avoir des symptômes et d’avoir été en contact avec un cas confirmé ou une personne revenant d’une zone à risque pour être éligible. Cette stratégie permet, outre le fait de dépister jusqu’à 5 fois plus que dans les pays voisins, de prendre plus rapidement les malades en charge en cas de complication.

Cela ne veut pas pour autant dire que le taux de mortalité est plus élevé en Belgique ou en France, où ces tests sont moins nombreux car en l’absence de dépistage on sait que le nombre de cas réels est bien plus élevé que les statistiques livrées quotidiennement par les autorités. En revanche, cela prouve bien la nécessité d’un dépistage massive, comme en a pris la décision l’UZ Gent, qui permet de sauver de nombreuses vies et d’éviter une propagation encore plus grande du nombre de cas.