Pour Trump, la victoire de Netanyahu est une bonne nouvelle pour la paix

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Ravi du résultat des élections législatives israéliennes, le président américain Donald Trump a estimé mercredi que la victoire de son « ami » Benjamin Netanyahu augmentait les chances d’aboutir à la paix au Proche-Orient.

« Je pense que nous avons une meilleure chance d’aboutir maintenant que Bibi a gagné », a déclaré M. Trump, qui rêve d’aboutir à « l’accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens, un dossier sur lequel tous ses prédécesseurs –républicains comme démocrates– ont échoué.

« Je pense que nous allons voir des choses se passer en termes de paix », a-t-il ajouté, laissant entendre que le plan de paix concocté dans le plus grand secret depuis plus de deux ans par son gendre et conseiller Jared Kushner pourrait être présenté assez rapidement.

Après avoir multiplié ces dernières semaines les décisions interprétées comme autant de coups de pouce à M. Netanyahu, avec lequel il affiche une grande proximité, le milliardaire républicain n’a pas caché sa satisfaction de le voir triompher une nouvelle fois.

« Je veux féliciter Bibi Netanyahu », a-t-il déclaré depuis les jardins de la Maison Blanche au lendemain d’élections qui ont placé M. Netanyahu, 69 ans, dont plus de 13 années passées au pouvoir, sur la voie d’un cinquième mandat de Premier ministre.

« Il a été un allié formidable, c’est un ami », a-t-il poursuivi, avant de tweeter une photo de partisans du Premier ministre israélien brandissant des pancartes « Trump » lors, selon lui, de la « célébration de la victoire » mardi soir. Il l’a ensuite appelé depuis Air Force One pour le féliciter « chaleureusement », selon les termes de la présidence israélienne.

D’après les premiers résultats du scrutin, M. Netanyahu et les partis qui le soutiennent ont recueilli 65 députés contre 55 à son rival de centre-droit Benny Gantz. Ce dernier a reconnu mercredi sa défaite, assurant respecter « la décision du peuple ».

« Nous avons une chance » 

Quinze jours avant le scrutin, M. Trump avait fait un cadeau de taille à M. Netanyahu en reconnaissant la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan. Cette prise de position marquait une rupture nette avec la tradition diplomatique américaine et le consensus international, comme celle, prise fin 2017, de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu.

Israël a conquis une grande partie du Golan syrien (1.200 km2) lors de la guerre des Six Jours en 1967, avant de l’annexer en 1981. Cette annexion n’a jamais été reconnue par la communauté internationale.

A l’automne 2018, M. Trump avait promis de présenter un plan de paix « équilibré », se disant par ailleurs convaincu « à 100% » que les Palestiniens, qui ont gelé tout contact avec l’administration américaine depuis la reconnaissance de Jérusalem comme capitale, reviendraient à la table des négociations.

A cette occasion, et après avoir envoyé des signaux parfois contradictoires sur ce thème, il avait affiché sa préférence pour « la solution à deux Etats », l’option appuyée par ses prédécesseurs et la communauté internationale.

Mercredi, le locataire de la Maison Blanche, qui s’était fait plutôt discret sur ce dossier depuis quelques mois, dissimulait à peine une forme d’impatience à l’idée de remettre ce dossier épineux sur la table.

« Je n’ai jamais fait de promesses, mais tout le monde disait qu’il était impossible d’aboutir à la paix au Proche-Orient entre Israël et les Palestiniens. Je pense que nous avons une chance », a-t-il lancé.

Ce weekend, lors d’un discours devant la Republican Jewish Coalition à Las Vegas, M. Trump a redit haut et fort tout le bien qu’il pensait de son gendre Jared Kushner, en charge du dossier avec son conseiller Jason Greenblatt.

« La paix au Moyen-Orient: s’ils n’y arrivent pas, personne n’y arrivera ».