Pour De Croo, « le dialogue avec Moscou ne peut être mené sous la menace »

Nous devons parler à la Russie, mais un tel dialogue avec Moscou ne peut être mené sous la menace de la violence. Il appartient aux Russes de désamorcer les tensions militaires à la frontière orientale de l’Europe, a-t-il déclaré aux côtés de son homologue estonienne, Kaja Kallas.

Alexander De Croo s’est rendu sur la base aérienne d’Ämari où quatre F-16 belges et une soixantaine de militaires sont chargés jusqu’à la fin du mois de mars de la mission BAP (Baltic Air Policing). Une mission de l’OTAN visant à garantir la sécurité de l’espace aérien au-dessus de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie. C’est déjà la onzième fois que notre pays participe à la mission, les militaires belges sont stationnés pour la troisième fois à Ämari, à une heure de route de la capitale estonienne Tallinn.

Pour De Croo, "le dialogue avec Moscou ne peut être mené sous la menace"
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L’ensemble de l’opération a gagné en importance ces dernières semaines et ces derniers mois en raison du renforcement des troupes russes en Ukraine et au Bélarus. Lors de la visite des Premiers ministres De Croo et Kallas, les tensions actuelles ont donc figuré en tête de l’ordre du jour.

« La présence belge ici est un signe de la dissuasion conjointe des pays de l’OTAN », a déclaré M. Kallas, qui a largement remercié la Belgique pour ses efforts. « La Russie a rassemblé plus de 100 000 soldats à sa frontière avec l’Ukraine et plus de 30 000 au Bélarus. C’est le plus grand déploiement depuis la guerre froide et nous ne voyons pas encore de signes de désescalade. Nous devons continuer à dissuader la Russie ».

Les deux dirigeants s’accordent à dire que l’initiative doit maintenant venir de la Russie et qu’à terme, un véritable dialogue doit être engagé. « Mais cela ne peut se faire avec un pistolet sur la tempe », ont-ils tout les deux déclaré.

De Croo ne veut pas revenir à la logique de la guerre froide, où l’Europe et le reste du monde étaient divisés en sphères d’influence. « Tout le monde doit faire des pas en arrière, et ensuite, il est dans l’intérêt de tout le monde qu’il y ait une architecture de sécurité en Europe avec laquelle les gens sont à l’aise, mais où ils respectent aussi le fait que chaque pays doit pouvoir faire ses propres choix de sécurité, sans être intimidé. »