Pérou: la police perquisitionne le palais présidentiel

Le parquet et la police du Pérou ont effectué mardi soir une perquisition au palais présidentiel afin d’arrêter la belle-sœur du président Pedro Castillo, soupçonnée de participation à un réseau de corruption et de blanchiment d’argent. L’opération pour capturer Yenifer Paredes, qui a duré quatre heures et est restée infructueuse, a été lancée à la demande du parquet, requérant « la perquisition » de la « zone résidentielle du palais présidentiel » à Lima, a déclaré la cour de justice dans un communiqué.

La démarche des autorités judiciaires péruviennes est sans précédent dans l’histoire du pays, puisque jamais la justice n’avait jusque-là pénétré le siège du pouvoir exécutif pour y chercher quelqu’un.

M. Castillo et sa famille, y compris sa belle-sœur, qui considère le Président et son épouse comme ses « parents », vivent dans la résidence présidentielle qui fait partie du palais du gouvernement.

L’opération judiciaire s’est déroulée simultanément dans différents endroits de la capitale, avec des arrestations à la clef : celles de José Nenil Medina, maire d’une ville de la région de M. Castillo, et les frères et hommes d’affaires Hugo et Angie Espino, tous présumés liés au même réseau de corruption.

Appel à un scrutin anticipé

Le tribunal a autorisé la détention provisoire des personnes concernées pendant dix jours. Yenifer Paredes avait déjà été convoquée pour témoigner devant le ministère public et pour comparaître devant une commission de contrôle du Congrès péruvien à la mi-juillet. Le bureau du procureur a ouvert cinq enquêtes contre le président Castillo lui-même pour corruption présumée, autre fait sans précédent contre un président en exercice.

La présidence de cet ancien instituteur syndicaliste s’apparente de plus en plus à un long chemin de croix. Le 27 juillet dernier, à l’occasion de la fête nationale et de son premier anniversaire à la tête du pays, Pedro Castillo a prononcé un discours dans lequel il n’a pas évoqué ses affaires judiciaires, ni les ratés de sa présidence qui a déjà usé quatre Premiers ministres.

Un « véritable déni » pour nombre d’observateurs étrangers et les éditoriaux de la presse nationale, tandis que plus d’une centaine de structures de la société civile en appellent désormais à des élections générales anticipées pour mettre fin au « chaos de cette présidence ». Le président Castillo avait abandonné, il y a trois mois, le grand chapeau blanc à large bord qu’il arborait fièrement depuis sa campagne victorieuse en signe de renouveau. Ce coup du chapeau n’aura pas suffi à relancer comme par magie son mandat marqué par l’amateurisme et les affaires.