Offensive turque en Syrie: La Turquie dément empêcher le retrait des forces kurdes

La Turquie a démenti samedi avoir bloqué le retrait des forces kurdes dans le nord-est de la Syrie comme l’en a accusée leur commandant. Les forces kurdes « propagent des fausses informations pour saboter l’accord turco-américain », prévoyant le retrait des combattants kurdes des zones frontalières de la Turquie dans un délai expirant mardi, a déclaré un haut responsable turc, qui a requis l’anonymat.

Le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les combattants Kurdes des YPG, a accusé vendredi la Turquie de saboter un accord de trêve dans le nord de la Syrie, en empêchant leur retrait de la ville assiégée de Ras al-Aïn.

Les « Turcs empêchent le retrait du secteur de Ras al-Aïn, ils empêchent la sortie de nos forces, des blessés et des civils » de la ville, a déclaré le commandant, Mazloum Abdi, dans un entretien téléphonique, faisant porter la responsabilité aux Américains.

Le responsable turc a affirmé que l’armée turque avait au contraire « fourni des informations détaillées aux Américains, y compris des coordonnées GPS, pour faciliter le retrait des YPG ».

Un accord arraché jeudi par le vice-président américain Mike Pence lors d’une visite à Ankara prévoit la suspension pour 120 heures de l’offensive turque lancée le 9 octobre, et de mettre fin à cette offensive si les forces kurdes des YPG, considérées comme « terroristes » par Ankara, se retirent pendant cette période des zones frontalières de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.

Outre le retrait des YPG, l’accord prévoit la mise en place d’une « zone de sécurité » de 32 km de largeur en territoire syrien, même si la longueur de cette bande, que le président turc Recep Tayyip Erdogan veut à terme étendre sur près de 450 km, reste à définir.

« La Turquie est à 100% derrière cet accord. Nous avons obtenu tout ce que nous voulions à la table des négociations. Il est absurde de laisser croire que nous sabotons un accord qui nous convient », a ajouté le responsable turc, accusant les YPG de « défier » le président américain Donald Trump.