« Nous aidons l’Ukraine à résister sur son sol, jamais à attaquer la Russie »

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont rencontrés jeudi à Astana, sans rien dévoiler d’une éventuelle médiation turque entre Kiev et Moscou. La réunion au sommet fut plutôt l’occasion d’envisager des perspectives de développement économiques avec la proposition, faite par le président russe, de créer un « hub gazier » en Turquie pour exporter des hydrocarbures vers l’Europe. « La Russie et la Turquie vont certainement en déranger certains et les pays développés seront moins heureux », a déclaré le président turc, qui, fidèle à son positionnement « entre deux », a par ailleurs promis de poursuivre l’exportation des céréales ukrainiennes.

Faute de perspective diplomatique, les avancées se calculent toujours sur le terrain. Les autorités d’occupation de Kherson, l’une des quatre régions annexées illégalement par la Russie, ont appelé Moscou à évacuer les civils de la zone, face à la contre-offensive ukrainienne. « Prenez vos enfants et partez », a lancé le chef de l’administration d’occupation, Vladimir Saldo. Dans l’Est, en revanche, les forces russes restaient à l’offensive sur le front de Bakhmout, affirmant même avoir repris deux villages.

Pour aider Kiev à faire face aux bombardements massifs de la Russie, qui ont frappé des installations électriques et des infrastructures civiles, tuant encore plusieurs personnes à Mikolaïv jeudi, quelques pays occidentaux lui ont promis des systèmes antiaériens. Après l’annonce de l’arrivée d’un système allemand et de la livraison prochaine de modèles américains, le Royaume-Uni a affirmé jeudi qu’il fournirait des munitions capables d’abattre des missiles de croisière. Paris, pour sa part, a constitué un fonds doté de 100 millions pour les achats d’armements français par l’Ukraine et confirmé l’envoi prochain de six canons Caesar. « Nous aidons l’Ukraine à résister sur son sol, jamais à attaquer la Russie. Vladimir Poutine doit arrêter cette guerre et respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Nous ne voulons pas d’une guerre mondiale », a justifié Emmanuel Macron.

En attendant, l’opérateur Ukrenergo a annoncé avoir « stabilisé l’approvisionnement en énergie dans toutes les régions d’Ukraine » et ne pas avoir besoin de rationner l’électricité. « La question de savoir s’il y aura des restrictions à l’avenir dépend avant tout d’éventuels nouveaux bombardements et destructions. »