Nombre de « passeports dorés » chypriotes ont permis des « naturalisations illégales »

Au total, 3.517 personnes et 3.810 de leurs proches ont obtenu la citoyenneté chypriote au cours de ces 13 années. Les responsables de ce programme doivent être appelés à rendre des comptes, conclut l’enquête. Ceux qui souhaitaient obtenir un tel « passeport doré » devaient investir au moins 2,5 millions d’euros sur l’île. Le document donnait notamment à ses détenteurs la possibilité de voyager librement dans l’Union européenne, ce qui avait déjà valu à Nicosie de vives critiques de la part de Bruxelles. Plusieurs oligarques russes ont bénéficié de ce système, mais nombre d’entre eux ont depuis dû rendre leur passeport chypriote.

L’octroi du passeport n’était pas illégal en soi, mais un reportage de la chaîne d’information Al-Jazeera avait montré que des criminels pouvaient facilement tirer parti du dispositif. On y voyait le président du Parlement chypriote promettre à un riche investisseur chinois condamné pour corruption qu’il l’aiderait dans sa demande. Il avait démissionné à la suite de ces révélations.

Selon le président chypriote Nikos Anastasiades, l’octroi de ces documents a permis de dégager 9,7 milliards d’euros, une somme dont le pays avait un besoin urgent en raison notamment de la grave crise financière qu’il a traversé en 2013.

Malte et la Bulgarie disposaient également d’un système de « passeports dorés ». Sous la pression de la Commission européenne, ils y ont, eux aussi, mis un terme.