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Nigeria : Attaques djihadistes dans sept villages, de nombreuses victimes

Des djihadistes du groupe Lakurawa ont tué plus de « 30 civils » lors d’attaques visant sept villages de l’État de Kebbi mercredi, d’après un rapport de sécurité. Depuis 2009, l’insurrection djihadiste au Nigeria a causé plus de 40.000 morts et deux millions de déplacés dans le nord-est du pays, selon l’ONU.


Hécatombe dans le nord-ouest du Nigeria. Mercredi, des djihadistes du groupe Lakurawa ont tué des dizaines de personnes lors d’attaques ciblant sept villages de l’État de Kebbi, selon des sources policières et un rapport de sécurité confidentiel consulté par l’AFP. La montée de la violence des groupes djihadistes et de bandits au Nigeria ces derniers mois a provoqué l’indignation des États-Unis, qui ont effectué des frappes aériennes surprises le jour de Noël en coordination avec les autorités nigérianes, visant des djihadistes dans l’État de Sokoto, voisin de Kebbi.

Donald Trump a qualifié la situation de « persécution » et de « génocide » des chrétiens dans le pays le plus peuplé d’Afrique, des accusations rejetées par les autorités nigérianes et la majorité des experts. Les violences touchent aussi bien les chrétiens que les musulmans. « Malheureusement, des dizaines de personnes ont été tuées lorsque les habitants […] se sont mobilisés pour résister aux assaillants », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police de l’État de Kebbi à propos de l’attaque des sept villages. Le rapport de sécurité fait état de plus de « 30 civils tués » dans cinq villages différents, les attaques ayant eu lieu dans la zone administrative d’Arewa en après-midi.

**Insécurité dans la région**
« Les forces de sécurité, composées de policiers, de militaires et de milices locales, ont immédiatement été mobilisées dans les zones touchées, et des patrouilles et des opérations coordonnées sont en cours pour appréhender les responsables », a déclaré Bashir Usman. « La situation s’est stabilisée et les autorités dialoguent avec les chefs communautaires tout en exhortant la population à rester calme, à éviter de diffuser des informations non vérifiées et à coopérer avec les forces de sécurité pendant que les efforts se poursuivent », a-t-il ajouté.

Le week-end dernier, près des lieux des attaques, le Festival des pêcheurs d’Argungu avait rassemblé des milliers de personnes sous une chaleur de 39 °C, en présence du président nigérian Bola Ahmed Tinubu. Ce festival était devenu l’un des plus grands événements culturels du Nigeria, attirant des visiteurs internationaux, avant que l’insécurité et le manque de financement ne le réduisent à une célébration occasionnelle.

**Djihadistes et bandits**
L’État de Kebbi, à la frontière avec le Niger, tout comme d’autres États du nord du Nigeria, fait face à une double insécurité : la violence de groupes djihadistes, dont Lakurawa, principalement actifs dans les pays voisins, et celle des bandes criminelles, surnommées localement « bandits », qui effectuent fréquemment des attaques contre des villages et des enlèvements de masse contre rançon.

L’émergence de Lakurawa dans le nord-ouest de Nigeria a aggravé la violence dans la région ces dernières années, poussant les gouvernements des États concernés à recruter davantage de milices d’autodéfense. Des chercheurs ont récemment établi un lien entre Lakurawa et l’État islamique au Sahel, surtout actif au Niger et au Mali voisins, bien que d’autres demeurent sceptiques. L’étude sur Lakurawa est complexe, car ce terme a été utilisé pour désigner divers combattants dans le nord-ouest.

Depuis 2009, l’insurrection djihadiste au Nigeria, principalement menée par Boko Haram et sa faction rivale, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a causé plus de 40 000 morts et déplacé deux millions de personnes dans le nord-est du pays, selon l’ONU.