Moins d’arrivées de migrants en 2018 dans l’UE, mais hausse record en Espagne

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Le nombre de migrants ayant rejoint illégalement l’Europe s’est réduit en 2018 de plus d’un quart par rapport à l’année précédente, avec une nette diminution des flux migratoires en Méditerranée centrale mais une hausse importante sur la route de la Méditerranée occidentale et plus faible dans la partie orientale de cette mer, a indiqué mercredi Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. Le nombre total d’arrivées de migrants s’est réduit de 27 pour cent, à 150.114 traversées illégales des frontières de l’Union européenne (contre 204.750 en 2017), a affirmé le directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri.

2018 est « la troisième année consécutive de recul », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse à Bruxelles pour présenter le rapport annuel de son agence, basée à Varsovie.

« Nous ne sommes plus au milieu d’une crise migratoire aux frontières, mais il y a toujours une pression et nous sommes prêts (à y faire face) », a précisé M. Leggeri.

Selon lui, sur la route occidentale de la Méditerranée devenue « numéro un » en termes de traversées illégales, Frontex a constaté une « augmentation significative » du nombre de migrants arrivant en Espagne en provenance du Maroc, avec 55.307 personnes détectées, soit une hausse de 157%.

Le Maroc a remplacé la Libye, devenue « moins attractive », comme « principal point de départ » de personnes venant d’Afrique occidentale sub-saharienne (Guinée, Mali) mais aussi d’Algérie et aussi de Marocains tentant de rejoindre le Vieux Continent. Au point que les Marocains sont devenus la première nationale en terme de nombre, a ajouté le « patron » de Frontex.

La route de la Méditerranée centrale – avec des départs de Libye à destination de l’Italie ou de l’île de Malte – a pour sa part connu une nouvelle diminution, après celle observée en 2017, avec 23.276 arrivées en 2018, soit une baisse de 80% en un an et « le plus petit nombre depuis 2012 ».

La Tunisie a remplacé la Libye comme premier pays de départ, avec les ressortissants tunisiens et érythréens représentant plus d’un tiers des migrants arrivant sur les côtes italiennes et/ou maltaises.

L’Espagne a aussi dû faire face à l’arrivée de 1.487 personnes débarquées illégalement d’Afrique de l’Ouest aux Canaries (une hausse de 273% en un an après les 399 de 2017) et de 1.337 autres migrants en situation irrégulière arrivés par la terre dans les environs du détroit de Gibraltar, une diminution de 10% par rapport à 2017.

En Méditerranée orientale, une hausse de 32% des traversées illégales a été constatée (de 42.319 en 2017 à 55.878 en 2018), principalement à la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie. Les Turcs, fuyant sans doute leur propre pays, sont devenus la principale nationalité à tenter de rejoindre l’Union européenne et plus largement l’espace Schengen, indique le rapport annuel, intitulé « Analyse des risques pour 2018 ».

Car en mer Egée, les chiffres de traversées illégales de ressortissants principalement afghans, syriens et irakiens sont restés « stables » entre les îles turques et la Grèce, selon M. Leggeri.

Quant à la route des Balkans occidentaux, par laquelle avaient transité des dizaines de milliers de personnes au plus fort de la crise migratoire, elle n’a été utilisée que par 5.451 personnes en 2018 pour pénétrer illégalement dans l’espace Schengen, contre 12.179 l’année précédente, ce qui représente une réduction de 55%, alors la même tendance était constatée sur la « route circulaire » reliant l’Albanie à la Grèce.