Maroc : peine de mort confirmée pour les assassins des deux touristes scandinaves

La condamnation des trois hommes, pour l’assassinat de deux touristes décapitées en décembre au Maroc au nom de l’organisation Etat islamique ( Daech ) , a été confirmée en appel.

Le tribunal antiterroriste de Salé a confirmé en appel la peine de mort pour les assassins de deux touristes scandinaves, décapitées en décembre dernier, alors qu’elles campaient dans les montagnes.

Un tribunal antiterroriste marocain a confirmé le 30 octobre en appel la condamnation à mort de trois hommes pour l’assassinat par décapitation de deux touristes scandinaves en décembre au Maroc au nom des djihadistes du groupe Etat islamique (EI ou Daech). Un quatrième homme a vu sa peine alourdie de la perpétuité à la peine capitale.

Le premier, Abdessamad Ejjoud, un marchand ambulant radicalisé de 25 ans, avait avoué avoir organisé l’expédition meurtrière avec deux compagnons, Younes Ouaziyad, un menuisier de 27 ans, et Rachid Afatti, 33 ans, qui avait filmé la scène. Sa diffusion sur les réseaux sociaux avait suscité l’effroi.

Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été assassinées en décembre 2018 alors qu’elles campaient dans des montagnes du Haut-Atlas (sud).

Comme en première instance, le tribunal a condamné les quatre principaux suspects à verser deux millions de dirhams (190 000 euros) de dédommagement aux parents de Maren Ueland.

Toutefois, il a refusé la demande de la famille de Louisa Vesterager Jespersen qui réclamait 10 millions de dirhams (930 000 euros) à l’Etat marocain pour sa «responsabilité morale».

Bien que des condamnations à la peine capitale soient encore prononcées au Maroc, un moratoire sur les exécutions est appliqué de facto depuis 1993 et l’abolition de ce châtiment est en discussion.

Mots de défi des trois principaux accusés

Le procès s’est conclu mercredi avec des mots de défi des trois principaux accusés, avant le délibéré. « Si vous nous condamnez, exécutez-nous, je vous excommunie, je ne crois ni en vos lois ni dans les droits humains », a lancé avec fierté le chef présumé de la cellule radicalisée, Abdessamad Ejjoud, aux juges de la cour d’appel de Salé.

Comme leur chef présumé, Younes Ouaziyad et Rachid Afatti ont profité de leur dernière prise de parole pour défier les juges en citant des sourates belliqueuses du Coran, suscitant un mouvement d’effroi dans la salle. Abderrahim Khayali a une nouvelle fois assuré mercredi qu’il n’avait pas participé au crime.

Tous les quatre, issus d’un milieu modeste et peu instruits, vivaient de petits boulots précaires dans des quartiers déshérités de Marrakech. Ils avaient tourné une vidéo d’allégeance à l’EI, diffusée peu après la tuerie. Le double meurtre a secoué le Maroc, qui avait, depuis les attentats qui avaient fait 17 morts en 2011 à Marrakech, été épargné par les islamistes radicalisés.