Marine Le Pen grande absente de la présidentielle de 2022 ? “La réalité, c’est que nous n’avons pas les parrainages”

En France, la chasse aux parrainages commence à prendre un sérieux tournant. Alors que ceux-ci sont à rendre dans moins d’un moins, plusieurs candidats phares de la présidentielle de 2022 semblent avoir du mal à récolter les 500 signatures qu’il faut pour pouvoir participer à l’élection.

Sur les ondes d’Europe 1, Marine Le Pen a décidé de jouer la carte de la franchise. La candidate RN, qui possède actuellement 139 parrainages, n’a pas voulu mettre en cause les retards d’envoi des élus ou miser sur les promesses de ces derniers, contrairement à plusieurs autres candidats qui jouent cette carte depuis plusieurs semaines maintenant. “Nous avons 400 et quelques parrainages, il faut le temps de les envoyer. Il n’en demeure pas moins qu’il nous en manque 100. C’est un problème démocratique majeur. Le système des parrainages est un système dévoyé par des partis qui sont aujourd’hui implantés localement mais qui sont souvent assez faibles nationalement”, a-t-elle déclaré sur Europe1.

Outre le fait que la candidate du Rassemblement National demande à ce que les parrainages soient rendus anonymes, comme dans le passé, elle lance également un appel aux maires de France. “Il y a beaucoup de maires qui pensent qu’on a les parrainages parce qu’ils n’imaginent pas qu’une candidate arrivée au second tour de l’élection présidentielle la dernière fois et donnée au second tour cette fois-ci, puisse ne pas les avoir. Et bien, c’est pourtant la réalité : nous ne les avons pas”, a-t-elle ajouté en soutenant également l’idée de François Bayrou, de créer une réserve de parrainages pour les candidats considérés comme étant « légitimes ».

Selon RTL France, le parti MoDem, dont Bayrou est la tête de liste, a déjà commencé à inonder plusieurs centaines d’élus, susceptibles de soutenir le projet. Il ne s’agirait pas uniquement de maires adhérents au parti, mais plutôt de maires qui se reconnaissent dans l’approche démocratique du mouvement.

Le principe est simple : si des “représentants des grands courants” de la vie politique venaient à manquer de signatures, cette réserve de voix pourrait les aider à accéder au premier tour. “Nous ne sommes pas dans un calcul électoral mais dans un souci de ne pas abîmer la démocratie plus qu’elle ne l’est déjà. Nous pensons qu’il faut combattre les extrêmes par l’élection, pas par la sélection”, explique Patrick Mignola, président du groupe MoDem à l’Assemblée.