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Manifestations en Iran : Trump et Téhéran misent sur la désescalade malgré les morts.

Donald Trump a affirmé que « les tueries » en Iran avaient « pris fin » après la répression des manifestations, précisant que les exécutions de manifestants n’auraient finalement « pas lieu ». Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights, au moins 3.428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, le 28 décembre.

Bien qu’une intervention militaire américaine ne soit pas exclue, les tensions entre Washington et Téhéran semblent diminuer. Mercredi, Donald Trump a déclaré que « les tueries » en Iran avaient « pris fin » après la répression meurtrière des manifestations par les autorités.

« Nous avons été informés par des sources très importantes de l’autre côté, et elles ont dit que les tueries ont pris fin », a expliqué le président américain, ajoutant que ces sources avaient affirmé que les exécutions prévues de manifestants n’auraient finalement « pas lieu ». En réponse à une question sur une éventuelle intervention militaire américaine, Donald Trump a indiqué : « On observera ça et on verra quelle est la suite. »

Les pendaisons reportées

Dans un effort similaire de désescalade, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé qu’il n’y aurait « pas de pendaison aujourd’hui (mercredi) ou demain (ce jeudi) » lors d’une interview avec la chaîne américaine Fox News.

Le président américain a à plusieurs reprises menacé d’intervenir militairement pour mettre fin à la répression du mouvement de contestation, considéré comme l’un des plus significatifs depuis la création de la République islamique en 1979. Les défenseurs des droits humains accusent le régime théocratique chiite de mener une répression violente, alors que le pays, peuplé de près de 86 millions d’habitants, est privé d’internet depuis presque une semaine.

Un bilan humain effroyable

Selon le dernier rapport de l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, au moins 3.428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, le 28 décembre. L’organisation souligne que « ce chiffre est un minimum absolu » et évoque également plus de 10.000 arrestations.

Après une intensification des manifestations en fin de semaine dernière, les autorités ont cherché à rétablir l’ordre en organisant une « marche de résistance nationale » et les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité, qualifiés de « martyrs ». Des slogans appelant à « mort à l’Amérique » et des images du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, étaient visibles dans la foule, tout comme une image de Donald Trump, le visage ensanglanté, lors d’une tentative d’assassinat dont il a été victime en 2024, avec la légende : « Cette fois il ne manquera pas sa cible ». Selon Abbas Araghchi, « le calme règne » actuellement dans le pays, affirmant que les autorités ont le « contrôle total » de la situation.

Bien que le ministre ait mentionné que Téhéran était ouvert à la diplomatie, d’autres responsables ont durci le ton mercredi envers les États-Unis et Israël. L’Iran a averti qu’il était prêt à riposter « de manière décisive » à toute attaque, a notamment déclaré le chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Pakpour.

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Face à ces « tensions régionales », le Qatar a signalé le départ d’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid, la plus importante au Moyen-Orient. Parallèlement, le Royaume-Uni a annoncé la « fermeture temporaire » de son ambassade à Téhéran, tandis que l’Espagne a conseillé à ses citoyens de quitter le pays. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira ce jeudi pour discuter de la situation en Iran.