« Macron : « Tout le monde ne devrait pas prendre exemple sur nous » »
Emmanuel Macron a indiqué vouloir faire « une brève mise au point » lors de son déplacement à Munich, en Allemagne, pour répondre aux « critiques » et « caricatures » sur l’Europe évoquées par le vice-président américain, JD Vance, un an auparavant. Dans son discours, il a appelé à « renforcer » l’Europe et a exhorté ses partenaires à se préparer à « définir ses règles de coexistence » avec la Russie après la guerre en Ukraine.
Il a exprimé le désir de faire « une brève mise au point ». Lors de son déplacement à Munich, en Allemagne, Emmanuel Macron a répondu aux « critiques » et « caricatures » concernant l’Europe, prononcées un an auparavant à la même tribune par le vice-président américain, JD Vance. « Il y a eu une tendance dernièrement, ici et ailleurs, à négliger l’Europe et, parfois, à la critiquer ouvertement. On en a fait des caricatures », a-t-il déclaré, faisant référence à ces attaques.
Dans son discours à la conférence annuelle sur la sécurité, le président français a appelé à « renforcer » l’Europe et a exhorté ses partenaires à se préparer dès maintenant à l’après-guerre en Ukraine, moment où il sera nécessaire de « définir ses règles de coexistence » avec la Russie. « L’Europe doit apprendre à devenir une puissance géopolitique », a-t-il affirmé, bien que cela ne soit « pas dans son ADN ».
L’Europe fait partie « de la solution »
« L’Europe a été vilipendée comme une construction vieillissante, lente et fragmentée, reléguée par l’histoire. Comme une économie surréglementée et apathique qui se détournerait de l’innovation. Comme une société en proie à des migrations barbares qui corrompraient ses précieuses traditions. Et plus curieusement encore, dans certains milieux, comme un continent répressif où la parole ne serait pas libre et où les faits alternatifs ne pourraient prétendre au même droit de cité que la vérité elle-même – ce concept désuet et encombrant », a-t-il ironiquement constaté.
« Tout le monde devrait prendre exemple sur nous, au lieu de nous critiquer, ou d’essayer de nous diviser », a-t-il ajouté.
Emmanuel Macron a également insisté sur le rôle de l’Europe, qui « fera partie de la solution » pour mettre fin à la guerre en Ukraine, selon son analyse. Celle-ci devrait, donc, « faire partie de la discussion », qui inclut actuellement seulement les Russes, les Ukrainiens et les Américains. « Si nous parvenons à un règlement sur l’Ukraine, nous aurons toujours à faire à une Russie agressive, avec une industrie de défense survitaminée, et une armée hypertrophiée », a-t-il averti.
L’importance de développer une « boîte à outils »
Pour Emmanuel Macron, l’Europe devra « définir ses règles de coexistence » avec la Russie une fois qu’un accord de paix sera trouvé, afin de « limiter le risque d’escalade ». Il a également encouragé ses partenaires à « entamer ce travail, avec leur propre réflexion et leurs propres intérêts », et a proposé aux Européens de « lancer une série de consultations sur ce sujet important ».
S’ils souhaitent être en « position de force » pour discuter avec la Russie à l’avenir, les pays européens doivent « développer activement » leur « boîte à outils » en matière de défense, notamment en ce qui concerne les systèmes de « frappes en profondeur de précision », a-t-il souligné.

