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Macron dénonce la tentation de partager le monde entre puissances.

Emmanuel Macron a dénoncé jeudi « le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme » dans les relations internationales, visant principalement la politique étrangère de Donald Trump. Dans son discours annuel devant les ambassadeurs français, il a exhorté à « défendre » et « consolider » la régulation européenne du secteur de la tech après les sanctions américaines visant l’ex-ministre Thierry Breton.


Emmanuel Macron a exprimé sa ferme opposition, jeudi, au « nouveau colonialisme et au nouvel impérialisme » qui caractérisent les relations internationales. Il a spécifiquement critiqué la politique étrangère de Donald Trump, qu’il considère comme « se détournant progressivement » de certains alliés et « s’affranchissant des règles internationales ».

Lors de son discours annuel devant les ambassadeurs français, le président a plaidé pour ce qu’il nomme un « multilatéralisme efficace » en réponse à ce « monde qui se dérègle ». Il a appelé les grandes puissances du G7, dont la présidence est assurée cette année par la France, à se coordonner avec les pays émergents pour réformer la gouvernance mondiale et l’ONU. « Moi, je ne peux pas m’habituer à ce qu’on est en train de vivre », a-t-il déclaré.

Bien qu’il ait critiqué la Chine pour son « agressivité commerciale de plus en plus désinhibée » et la Russie en tant que « puissance de déstabilisation » en Ukraine, ses remarques sur les États-Unis ont particulièrement retenu l’attention.

« Nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme », a-t-il affirmé dans la salle des fêtes de l’Elysée, tout en évoquant qu’ « nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme ». Il a ajouté que le monde est marqué par des « grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde ». Cela faisait notamment référence à la tentative de Washington de capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro et de s’approprier les ressources pétrolières de ce pays, ainsi qu’aux demandes répétées du président américain concernant le Groenland.

Malgré ses critiques nettes à l’égard de la méthode Trump, le chef de l’État n’a pas appelé à une rupture avec la première puissance mondiale. L’année précédente, il avait dénoncé une « internationale réactionnaire » soutenue par Elon Musk, tout en soulignant la nécessité pour la France et l’Europe de « savoir coopérer » avec Donald Trump. Cette année, il a intensifié sa critique de la diplomatie trumpiste.

Il a encouragé ses diplomates à ne pas se limiter à être « les commentateurs » de ce que « font tous les autres », ni « les spectateurs de ce qui se détricote ». « C’est l’inverse ! On n’est pas là pour commenter, on est là pour agir ! », a-t-il martelé.

Concernant la situation commerciale, il a déclaré : « on a un double problème, l’agressivité chinoise et les tarifs américains », ajoutant que « c’est un gros problème d’avoir les deux en même temps ». Il prône un agenda de préférence européenne et de simplification à mettre en place dès cette année.

Il a également insisté sur la nécessité de « défendre » et de « consolider » la régulation européenne du secteur de la technologie, qui est ciblée par les États-Unis, en réaction aux sanctions américaines visant l’ex-ministre français Thierry Breton, qui a été l’architecte de cette régulation à la Commission européenne.