L’Ukraine veut démanteler toute structure prorusse, après les accusations britanniques

L’Ukraine a déclaré dimanche vouloir démanteler tout groupe prorusse après les accusations britanniques à l’égard de Moscou qui chercherait selon Londres à imposer un dirigeant prorusse à Kiev, sur fond de tensions à la frontière ukrainienne.

La cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss a accusé samedi la Russie de chercher à « installer un dirigeant prorusse à Kiev » et d’« envisager » d’« occuper » l’Ukraine, des accusations qualifiées d’« absurdités » par la Russie.

« Notre État va continuer sa politique de démantèlement de toute structure oligarchique et politique pouvant œuvrer en vue de la déstabilisation de l’Ukraine ou étant complice avec les occupants » russes, a déclaré dimanche Mykhaïlo Podoliak, conseiller du chef de l’administration présidentielle ukrainienne, dans des commentaires envoyés à l’AFP.

« Provocations stupides »

Pour sa part, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé le Royaume-Uni à « cesser de propager des absurdités » et à « mettre fin à ses provocations stupides […], très dangereuses dans la situation actuelle ».

La diplomatie britannique a affirmé que « l’ex-député ukrainien Ievgeniï Mouraïev est considéré comme un candidat potentiel », mais il n’est pas le seul : les services de renseignement russes entretiennent « des liens avec de nombreux anciens hommes politiques ukrainiens ».

Réagissant à ces accusations, M. Mouraïev a appelé à arrêter de « nous diviser en prorusses et pro-occidentaux », tout en soulignant que son pays a besoin de « nouveaux dirigeants politiques » guidés par « les intérêts nationaux de l’Ukraine et du peuple ukrainien ».

La diplomatie britannique a évoqué aussi les noms de Serguiï Arbouzov (le premier vice-Premier ministre de l’Ukraine de 2012 à 2014, puis Premier ministre par intérim), d’Andriï Klouïev (qui dirigeait l’administration présidentielle de l’ex-chef de l’État ukrainien Viktor Ianoukovitch), de Volodymyr Sivkovytch (l’ancien secrétaire adjoint du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien) ou encore de Mykola Azarov (le Premier ministre de l’Ukraine de 2010 à 2014).

« Certains d’entre eux sont en contact avec des agents des services de renseignement russes actuellement impliqués dans la planification d’une attaque contre l’Ukraine », a accusé le ministère britannique des Affaires étrangères. Washington a jugé ces accusations « profondément préoccupantes ».

Prière pour la paix

Le pape François a déclaré dimanche suivre « avec préoccupation » les tensions croissantes en Ukraine qui remettent en cause la sécurité du continent européen, appelant à une journée de prière pour la paix mercredi prochain.

Le scénario selon lequel la Russie pourrait s’emparer de son voisin a été qualifié d’« ineptie » par le chef de la Marine allemande, le vice-amiral Kay-Achim Schönbach. Des commentaires qui lui ont valu d’être contraint à la démission, annoncée par le ministère allemand de la Défense.