L’ONU suspend partiellement son aide alimentaire au Yémen

Le PAM évoque un risque de détournement de l’aide alimentaire pour justifier cette décision, qui affectera «850’000 personnes».

Le Programme alimentaire mondial de l’ONU a annoncé, jeudi 20 juin, que sa livraison d’aide va être suspendue pour quelque 850 000 personnes à Sanaa, la capitale du Yémen, en raison de détournements des livraisons.

En conséquence des détournements de ses livraisons, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a annoncé jeudi la mise en oeuvre d’une suspension partielle de son aide au Yémen.

Plus de 10 millions de Yéménites dépendent des rations alimentaires de l’agence onusienne. Mais son directeur exécutif, David Beasley, a expliqué en début de semaine qu’une part importante de cette aide humanitaire était détournée et a appelé les miliciens Houthis, qui tiennent une partie du Yémen, à laisser ses équipes faire leur travail.

Pour y remédier, le PAM a « sollicité l’appui des autorités de Sanaa pour mettre en place un système d’enregistrement biométrique qui préviendrait les détournements et protégerait les familles yéménites » qu’il sert. L’organisation basée à Rome se dit prête à « reprendre immédiatement les distributions de vivres dès que nous serons parvenus à un accord ».

Des programmes préservés pour les plus démunis

Dans un communiqué, le PAM précise que sa décision va affecter 850 000 personnes à Sanaa, la capitale, que les Houthis tiennent depuis septembre 2014. « L’intégrité de nos activités est menacée et notre responsabilité vis-à-vis de ceux que nous aidons a été affaiblie », dit l’agence. En revanche, les programmes à destination des enfants victimes de malnutrition, des femmes enceintes et des mères de nouveaux nés seraient préservés.

«Trop de Yéménites ont trop souffert pendant trop longtemps au cours de ce conflit en cours. Nous continuerons à rechercher la coopération des autorités basées à Sanaa et nous restons optimistes quant à la voie à suivre», poursuit le PAM.

L’organisation basée à Rome se dit prête à «reprendre immédiatement les distributions de vivres dès que nous serons parvenus à un accord sur un exercice indépendant d’identification des bénéficiaires et le déploiement d’un système d’enregistrement biométrique».

Devant le Conseil de sécurité, David Beasley avait précisé que les détournements d’aide humanitaire ne se limitaient pas aux zones contrôlées par les Houthis mais, ajoutait-il, « lorsque nous sommes face à des défis dans des zones contrôlées par le gouvernement, nous avons bénéficié d’une coopération pour régler ces problèmes ».

Depuis l’intervention en mars 2015 de la coalition militaire arabe menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis contre les Houthis, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées au Yémen, en proie à une crise humanitaire d’une ampleur sans équivalent actuellement dans le monde.

Avec agences