L’Iran dénonce les « gros mensonges » de Trump sur ses missiles.
L’Iran et les Etats-Unis ont renoué le dialogue le 6 février à Mascate. Les responsables iraniens reconnaissent plus de 3.000 morts dans les manifestations de janvier, tandis que l’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA) a recensé plus de 7.000 morts.
L’Iran condamne les « gros mensonges » américains. Donald Trump a accusé le pays de développer des missiles capables d’atteindre les États-Unis et de poursuivre ses « sinistres ambitions nucléaires ». Avant de nouveaux pourparlers prévus jeudi à Genève, sous médiation omanaise, le président américain a indiqué qu’il privilégiait la voie diplomatique, alors que Téhéran considérait qu’un accord était « à portée de main ».
Les États-Unis, qui ont multiplié les menaces d’attaque en cas d’échec de la diplomatie, ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré sur X : « Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges ».
Lors de son discours de politique générale devant le Congrès, Trump a affirmé que l’Iran avait « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases » militaires et était en train de concevoir des missiles « qui pourront atteindre bientôt les États-Unis ». « Ils […] poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires », a ajouté le président américain, qui cherche un accord garantissant que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique.
« Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre : je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme […] de se doter d’une arme nucléaire », a-t-il poursuivi. « Ils veulent conclure un accord, mais nous n’avons pas encore entendu ces mots-clés : ‘Nous n’aurons jamais l’arme nucléaire’ », a-t-il insisté.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré précédemment que son pays était « déterminé à parvenir à un accord juste et équitable – dans les plus brefs délais ». Il a évoqué une « opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte » les intérêts mutuels. « Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée », a-t-il ajouté.
Téhéran dément avoir des ambitions nucléaires militaires, mais revendique son droit au nucléaire civil, conformément au Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire. L’Iran et les États-Unis, qui ont recommencé le dialogue le 6 février à Mascate, avaient tenu cinq sessions de pourparlers nucléaires l’an dernier, interrompues par la guerre de 12 jours déclenchée en juin suite à une attaque israélienne, durant laquelle Washington avait bombardé des sites nucléaires iraniens. Trump a également affirmé que les autorités iraniennes avaient tué 32.000 personnes lors de la répression d’une vague de contestation qui a culminé les 8 et 9 janvier.
Les responsables iraniens reconnaissent plus de 3.000 morts dans ces manifestations, mais attribuent les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël. L’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a recensé plus de 7.000 morts, principalement parmi les manifestants, en précisant que le bilan réel est probablement bien plus élevé. À Téhéran, des étudiants des universités ont repris les manifestations contre le pouvoir depuis la reprise des cours samedi.
La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a reconnu mardi qu’ils avaient « le droit de manifester », mais les a avertis de ne pas franchir des « lignes rouges ». Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l’AFP montrent des étudiants brûler le drapeau de la République islamique et scander « Mort au dictateur », en référence au guide suprême, Ali Khamenei. D’après un habitant de Téhéran, interrogé par un journaliste de l’AFP basé à l’étranger, les protestations se limitent aux grandes universités.

