L’expulsion de l’imam Iquioussen suspendue en France : Darmanin fait appel devant le Conseil d’Etat

Sitôt connue la décision du tribunal administratif, le ministre de l’Intérieur a fait valoir dans un communiqué qu’il était « bien décidé à lutter contre ceux qui tiennent et diffusent des propos de nature antisémite et contraires à l’égalité entre les hommes et les femmes ».

Le tribunal administratif de Paris a suspendu vendredi l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen, a annoncé son avocate en fin de matinée sur Twitter. L’imam, dont les prêches font polémique, est sous le coup d’un arrêté ministériel d’expulsion entériné la semaine dernière par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Selon Lucie Simon, l’avocate de Hassan Iquioussen, le tribunal aurait jugé vendredi que cette expulsion « porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ». « Loin des sirènes médiatiques, le droit », a-t-elle également commenté.

Le 28 juillet, Gérald Darmin avait annoncé sur Twitter l’expulsion de cette figure controversée. « Ce prédicateur tient depuis des années un discours haineux à l’encontre des valeurs de la France, contraire à nos principes de laïcité et d’égalité entre les femmes et les hommes », soulignait le ministre de l’Intérieur. Ce dernier l’accusait notamment d’avoir tenu des propos antisémites, homophobes et sexistes lors de prêches et conférences, tenus il y a près de 20 ans pour certains. Le contenu de certaines vidéos publiées sur sa chaîne Youtube est également dans le viseur des autorités.

Selon l’arrêté ministériel entérinant l’expulsion de l’imam, ce dernier représenterait « une menace grave pour l’ordre public ».

Hassan Iquioussen conteste pour sa part avoir tenu « des propos discriminatoire voire violents » et explique, sur Facebook, avoir « toujours eu à cœur d’enseigner que le musulman français peut vivre pleinement sa foi dans le cadre des lois de la République ».

L’imam devait être expulsé vers le Maroc, dont il a la nationalité, même s’il est né en France et dit peu connaître le Maroc.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision devant le Conseil d’État.