Les parents d’un Américain mort après sa détention en Corée du Nord critiquent Trump qui… défend Kim Jong Un

International

« Kim et son régime diabolique sont responsables »: les parents de l’étudiant américain Otto Warmbier, mort après avoir été détenu 18 mois en Corée du Nord, ont tancé vendredi Donald Trump pour avoir défendu Kim Jong Un au sujet de leur fils.

Après leur sommet à Hanoï, M. Trump avait affirmé croire le dirigeant nord-coréen, qui lui aurait assuré qu’il « n’était pas au courant » du sort d’Otto Warmbier.

Le président américain a assuré que Kim Jong Un, qu’il présente désormais comme un « ami », « se sentait mal » à ce sujet. « Je lui en ai parlé, il se sentait vraiment mal ».

« Il connaissait très bien le dossier, mais il en avait pris connaissance plus tard », avait ajouté le milliardaire, qui a encore salué vendredi ses « très bonnes » relations avec le maître de Pyongyang.

Fred et Cindy Warmbier ont apporté une réponse cinglante dans un communiqué: « Kim et son régime diabolique sont responsables de la mort de notre fils Otto ».

« Kim et son régime diabolique sont responsables d’une cruauté inimaginable et d’inhumanité. Aucune excuse, ni généreuse louange ne pourront changer cela », ont martelé les parents du jeune homme, qui disent avoir « respecté le processus du sommet » de Hanoï avant de s’exprimer.

Otto Warmbier est décédé en juin 2017, à l’âge de 22 ans, peu après son rapatriement dans le coma de Corée du Nord, où il avait été détenu pendant 18 mois.

Etudiant à l’université de Virginie, il avait été arrêté à Pyongyang lors d’un voyage organisé. Il avait été condamné à quinze ans de travaux forcés pour le vol d’une affiche de propagande lors de son séjour.

« Des excuses. Maintenant » 

La cause exacte de sa mort reste inconnue, mais la justice américaine a conclu en décembre 2018 que l’étudiant avait été torturé pendant sa détention, et condamné Pyongyang à 501 millions de dollars de dommages-intérêts.

La Corée du Nord a démenti toute maltraitance, affirmant qu’Otto Warmbier avait contracté le botulisme en prison.

Les propos du locataire de la Maison Blanche à l’issue du sommet de Hanoï ont provoqué de nombreuses réactions indignées aux Etats-Unis, jusque dans son propre camp.

M. Trump « décide une nouvelle fois tout simplement de croire sur parole un dictateur cruel et brutal », a dénoncé sur Twitter le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer. « Il doit des excuses aux parents d’Otto Warmbier. Maintenant ».

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, avait jugé jeudi « étrange » que Donald Trump « choisisse de croire Poutine, Kim Jong Un, qui sont à (ses) yeux des brutes ».

Le président américain a déjà pris le parti d’autres responsables controversés, comme le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président russe Vladimir Poutine, au détriment de ses propres services de renseignement.

Plusieurs responsables républicains se sont associés au concert de critiques. « Les Américains connaissent la cruauté exercée sur Otto Warmbier par le régime nord-coréen », a commenté l’ex-ambassadrice américaine auprès de l’ONU, Nikki Haley.

Donald Trump avait pourtant été l’un des plus violents détracteurs de la Corée du Nord dans l’affaire Warmbier. En septembre 2017, il avait accusé Pyongyang d’avoir « torturé au-delà de l’imaginable » le jeune étudiant.

Et en 2018, lors de son discours sur l’état de l’Union, il avait invité au Congrès le couple Warmbier, les saluant comme « les puissants témoins d’une menace contre notre monde ».