Les frères Bogdanoff, stars intergalactiques et scientifiques controversés

Beaucoup de mystère entoure la biographie des célèbres jumeaux, qui ont eu plusieurs fois maille à partir avec la justice.

Un procès pour « escroquerie sur personne vulnérable » visant les deux frères doit avoir lieu les 20, 21 et 27 janvier 2022. Ils sont accusés d’avoir spolié un millionnaire bipolaire pour régler leurs déboires financiers et relancer « Temps X », l’émission de science-fiction qui les a rendus célèbres.

Évoluant dans un décor de vaisseau spatial, avec leurs combinaisons futuristes, leur léger accent russe et leur regard au laser, ils lancent en 1979 sur TF1 cette émission où jusqu’en 1987, ils parlent du train du futur, d’intelligence artificielle, d’astronomie ou d’OVNIS.

Si tout le monde n’est pas fan – le magazine L’Express ironise en 1985 sur « ces clones de cirque qui ont inventé le look sanisette, asexué » -, ils sont toutefois propulsés au rang d’icônes par toute une génération qui admire leur brio de surdoués: « à 11 ans, nous avons passé des tests qui nous ont appris que nous faisons partie des 0,01% de la population ayant un quotient intellectuel supérieur à 190 », relevait Grichka.

« Le cas est rare mais nous sommes investis de tous les avantages des jumeaux – une résonance physique, intellectuelle et morale -, sans l’inconvénient majeur que l’un installe son gouvernement sur l’autre », ajoutait-il.

Ils disparaissent ensuite des écrans pendant une dizaine d’années, le temps d’étudier, de rédiger leurs thèses, d’écrire des ouvrages de vulgarisation (sous le nom de Bogdanov depuis le début des années 1990) comme « Dieu et la science », entretien avec le philosophe Jean Guitton (1991). Ils sont alors accusés de plagiat par l’astrophysicien américain Trinh Xuan Thuan.

Faible valeur scientifique

Ils reviennent à la télé au 21e siècle, avec plusieurs émissions, notamment sur les extraterrestres. Ainsi, en 2008, ils présentent sur France 2 « Science X » mais le programme est vite arrêté.

Ils sont nés dans le village de Saint-Lary, dans le Gers, le 29 août 1949. Leur père serait un artiste peintre russe d’origine tatare, leur mère la fille naturelle d’une aristocrate autrichienne.

Ils sont élevés par des précepteurs, au milieu des 15.000 ouvrages en français, russe, anglais ou allemand de la bibliothèque familiale.

En 1999, Grichka valide sa thèse en mathématiques et, en 2002, Igor en physique. Débute alors la polémique sur la valeur de leurs travaux surtout qu’ils se prévalaient du titre de « docteur » avant même d’avoir passé leurs thèses.

En 2010, l’hebdomadaire Marianne publie des extraits d’un rapport du CNRS selon lequel ces thèses, et d’autres articles, n’ont « pas de valeur scientifique ». En 2012, 170 scientifiques revendiquent leur « droit au blâme » après la condamnation d’un chercheur du CNRS critiquant des écrits des jumeaux.

Marianne sera condamné pour diffamation en 2014 mais, peu après, les frères seront en revanche déboutés d’une action engagée auprès du tribunal administratif de Paris contre le CNRS.

D’une manière générale, il ressort que leurs travaux ne sont pas des canulars mais sont juste de faible valeur. Les accusés considèrent, eux, que la communauté scientifique a du mal à supporter qu’ils soient des personnalités médiatiques, des vulgarisateurs à succès.

Ces dernières années, ils avaient surtout défrayé la chronique au travers des moqueries des humoristes à propos de leur visage profondément transformé. « Nous revendiquons d’avoir une gueule d’extraterrestres », affirmaient-ils en 2010, sans donner d’autres détails.

Passionné d’engins volants (comme son frère), Igor a été condamné à une amende pour avoir falsifié son carnet de vol d’hélicoptère: il voulait se poser en 2012 près d’un centre commercial afin de promouvoir la sortie d’un de leurs livres.

Igor a six enfants, de plusieurs unions. Plus discret, Grichka était célibataire, sans enfants.