L’échange très tendu entre Anne-Sophie Lapix et Jean-Luc Mélenchon: « Faites votre boulot, je fais le mien”

Ambiance électrique sur le plateau de « Élysée 2022 » sur France 2. Ce jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de Anne-Sophie Lapix et Léa Salamé afin d’aborder sa campagne présidentielle.

Pendant l’émission, il est question d’une phrase prononcée par le candidat « Insoumis » lors d’un déplacement aux Antilles le 19 décembre dernier. Il avait notamment cité les supposés effets secondaires du vaccin contre le Covid-19 sur des populations massivement contaminées par le chlordécone. Il s’agit d’un pesticide interdit plus tardivement sur l’île qu’en France métropolitaine.

Moment choisi par Anne-Sophie Lapix pour reprocher à l’homme politique de gauche de ne pas inciter les habitants à se faire vacciner en reprenant « une rumeur qui risque de faire des dégâts au sein de la population ».

Une remarque qui a dynamité le débat. « Je ne sais pas de quoi vous m’accusez ce soir. Vous m’avez dit : ‘Vous avez pris le risque de faire mourir des gens’. Cette phrase, je la connais », a rétorqué Jean-Luc Mélenchon. Pour expliquer son propos la journaliste a repris les chiffres de la situation dans les Antilles. « Pas de faire mourir les gens. En tout cas de ne pas les inciter à aller se faire vacciner. Il y a seulement 42% des Guadeloupéens âgés de plus de 12 ans qui sont vaccinés, alors que sur l’ensemble de la France, c’est 92% ».

Une phrase qui a fait encore un peu plus monter le bouillant homme politique dans les tours. « Donc il aurait fallu que je dise ‘Mme Lapix m’a dit de vous dire que c’est pas bien, les enfants, vous ne savez pas ce que vous faites’? Écoutez madame, ce n’est pas comme ça qu’on fait. Faites votre boulot, je fais le mien », a-t-il répondu.

Lui-même vacciné, Jean-Luc Mélenchon a expliqué son choix personnel. « J’ai expliqué pourquoi, que j’étais convaincu, que je diminuais le risque », a-t-il expliqué. « C’est comme ça qu’on fait de la politique. Les gens ne sont pas des choses, les gens ne sont pas des enfants, on ne leur donne pas d’ordres, on les convainc. Ce sont des citoyens libres, et ce n’est pas parce que c’est aux Antilles qu’on va le faire à coups de chicote. »

« Je pourrais soutenir les convois de la liberté »

Interdit en Belgique, ce mouvement de protestation contre les mesures sanitaires prend de plus en plus d’ampleur. Ce lundi, il déferlera tout de même à Bruxelles malgré cette interdiction. « Je pourrais les soutenir, oui bien sûr, je vais voir comment tout cela se met en place », a expliqué Mélenchon. « Est-ce que les mouvements doivent montrer patte blanche et belle carte avant d’être soutenus ou pas? Je vais de toute façon les écouter avant de décider s’ils sont antivax, fascistes, antisémites et tout ce qu’on nous a fait pour les gilets jaunes. »

Pour le candidat, il existe plusieurs convergences entre certains de ses combats et ceux du mouvement. « Des gens qui se mettent en mouvement en parlant de pouvoir d’achat, je ne peux pas être contre ça », a-t-il ajouté. « Ne croyez pas qu’ils se mettent en voiture à 2 euros le litre par plaisir. Ils disent qu’ils sont contre le pass vaccinal, moi aussi, je ne vais pas leur dire qu’ils ont tort. Je soutiens les revendications, si c’est bien contre le passe vaccinal, parce qu’il ne sert à rien. »