Le tourisme mondial atteint un record, l’Afrique et l’Asie en tête.
Les recettes d’exportation liées au secteur du tourisme ont atteint 2.200 milliards de dollars, du jamais-vu depuis 2019. L’Afrique affiche une hausse de + 8 % d’arrivées internationales, soit 81 millions de touristes, avec l’Afrique du Nord en tête, notamment l’Égypte avec + 20 %.
L’impact mondial de la Covid-19 serait-il enfin derrière nous ? En tout cas, les chiffres du tourisme mondial montrent un renouveau. Les recettes d’exportation liées à ce secteur (transport inclus) ont atteint 2.200 milliards de dollars, un niveau jamais vu depuis 2019. L’Afrique enregistre ses meilleurs résultats historiques et l’Asie accélère son retour en force. Le Baromètre de l’ONU Tourisme, publié ce mardi, confirme que nous sommes (presque) revenus au tourisme d’avant-Covid.
La reprise est en plein essor et nous nous rapprochons d’une croissance moyenne de 5 % par an, comme entre 2009 et 2019. La demande reste robuste, notamment des principaux marchés émetteurs (Europe et Asie), tandis que le nombre de vols augmente et l’accès aux visas devient plus facile. En conséquence, les touristes affluent, malgré la hausse des prix et un contexte géopolitique tendu.
Cheikha Alnuwais, secrétaire générale d’ONU Tourisme, résume la situation : « Nous prévoyons que cette tendance positive se poursuivra en 2026, car l’économie mondiale devrait rester stable et les destinations qui accusent encore un retard par rapport aux niveaux d’avant la pandémie devraient se redresser complètement. »
L’Afrique connaît une augmentation de 8 % d’arrivées internationales, soit 81 millions de touristes, avec une croissance record. L’Afrique du Nord est en tête (+ 11 %), notamment grâce à l’Égypte qui explose (+ 20 %), suivie de près par le Maroc (+ 14 %) et les Seychelles (+ 13 %). En termes de recettes, le Maroc augmente de 19 % et l’Égypte de 17 %.
L’Asie et le Pacifique, quant à eux, présentent des signes de reprise avec une hausse de 6 % (331 millions d’arrivées), bien qu’ils restent légèrement en dessous des niveaux de 2019. L’Asie du Nord-Est mène la charge (+ 13 %), tandis que l’Asie du Sud a déjà retrouvé ses niveaux d’avant la pandémie, sans doute grâce à l’influence des réseaux sociaux. Le Japon (+ 17 %), le Bhoutan (+ 30 %) et la Corée du Sud (+ 18 % sur les recettes) profitent également de ce regain touristique.
L’Europe conserve sa position dominante avec 793 millions d’arrivées, soit une hausse de 4 % par rapport à 2024 et de 6 % par rapport à 2019. L’Ouest et le Sud méditerranéen affichent une légère croissance, mais c’est surtout le Centre-Est de l’Europe qui surprend avec un rebond de 6 %.
Concernant le continent américain, les résultats sont plus nuancés. L’effet Trump n’a pas été bénéfique pour le tourisme, avec seulement 1 % de croissance et 218 millions de touristes pour les Amériques. L’Amérique du Sud (+ 7 %) et l’Amérique centrale (+ 5 %) sauvent l’honneur, tandis que les États-Unis stagnent et que les Caraïbes subissent les conséquences de l’ouragan Melissa.
Dans un contexte où l’influence se concentre sur Dubaï, le Moyen-Orient se distingue avec une hausse de 39 % par rapport à 2019, approchant les 100 millions de visiteurs.
Pour 2026, les experts prévoient une croissance de 3 à 4 % cette année. Ce ne sera pas le feu d’artifice observé en 2023-2024, mais une tendance solide. D’ailleurs, 58 % des personnes interrogées par ONU Tourisme anticipent une année encore meilleure, tandis que 31 % s’attendent à une stagnation. Tout cela dépendra cependant de la stabilité des conflits, de l’inflation et de la situation géopolitique. Avec un début de 2026 potentiellement sous Trump, l’avenir du tourisme demeure incertain.

