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Le président syrien annonce un cessez-le-feu avec les forces kurdes.

Le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé dimanche 18 janvier avoir signé un accord de cessez-le-feu avec les forces kurdes en Syrie (FDS), qui prévoit notamment l’intégration des Forces démocratiques syriennes et des forces de sécurité kurdes dans les ministères de la Défense et de l’Intérieur. À l’aube, les FDS se sont retirées de tous les secteurs sous leur contrôle dans l’est de la province de Deir Ezzor, dont les champs pétrolifères de al-Omar et al-Tanak.


Un coup dur pour les Kurdes. Le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé le dimanche 18 janvier avoir signé un accord de cessez-le-feu avec les forces kurdes en Syrie (FDS). Ce texte prévoit notamment l’intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des forces de sécurité kurdes dans les ministères de la Défense et de l’Intérieur du pays. Cette signature fait suite à deux jours de progression rapide des forces syriennes dans des territoires kurdes du nord et de l’est du pays.

L’accord stipule également la remise immédiate au gouvernement des provinces sous contrôle kurde de Deir Ezzor et Raqa, ainsi que la prise en charge par Damas des prisonniers du groupe djihadiste État islamique (EI) et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes. Ces derniers aspiraient à préserver leur administration autonome, instaurée de facto depuis plus d’une décennie dans le nord et le nord-est de la Syrie.

L’émissaire américain salue « un tournant décisif ». M. Chareh a précisé devant la presse avoir signé l’accord à distance avec M. Abdi, empêché pour des raisons météorologiques. « Je recommande un cessez-le-feu complet », a insisté le président syrien juste après une rencontre avec l’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, qui s’était entretenu la veille avec M. Abdi, à Erbil en Irak. « Cet accord et ce cessez-le-feu représentent un tournant décisif, avec d’anciens adversaires privilégiant le partenariat plutôt que la division », a salué Tom Barrack.

Avant l’offensive syrienne, des négociations entre le pouvoir central et les Kurdes visant à intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l’État, dans le cadre d’un accord conclu en mars 2025, étaient dans l’impasse. Dans un geste apparent de bonne volonté, le président avait accordé vendredi par décret des droits nationaux inédits aux Kurdes, reconnaissant notamment leur langue comme officielle. Cette mesure a été jugée insuffisante par l’administration autonome kurde du nord de la Syrie.

Le président islamiste syrien, qui a renversé Bachar al-Assad il y a plus d’un an, a insisté dimanche sur la nécessité de « souveraineté de la Syrie sur l’ensemble de son territoire ». L’armée a notamment repris dimanche aux forces kurdes le plus grand champ pétrolifère de Syrie.

A l’aube, les FDS « se sont retirées de tous les secteurs sous leur contrôle » dans l’est de la province de Deir Ezzor, peuplée en majorité d’Arabes, y compris « les champs pétrolifères de al-Omar », le plus grand du pays, et al-Tanak, selon une ONG.

Pour le ministre de l’Énergie, Mohammad al-Bachir, la reprise de contrôle par l’État des ressources naturelles « signifie ouvrir grand la porte à la reconstruction, au renouveau de l’agriculture, de l’énergie et du commerce ». Le champ d’al-Omar était sous le contrôle des forces kurdes depuis qu’elles en ont expulsé l’EI en 2017.