Le policier qui a poussé la septuagénaire pendant la manifestation des « gilets jaunes » a agi « dans le strict respect des ordres donnés par sa hiérarchie »

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Le policier mis en cause dans la chute de Geneviève Legay, militante d’Attac, au cours d’une manifestation interdite de « gilets jaunes », à Nice a exprimé ses « sincères regrets » mais rappelé n’avoir agi que « dans le strict respect des ordres donnés par sa hiérarchie », a indiqué son avocat.

« Mon client tient à exprimer ses plus sincères regrets quant aux conséquences de l’intervention des services de police causées sur la personne de Mme Legay et aux blessures qu’elle a subies à cette occasion » écrit l’avocat dans un communiqué dont l’AFP a pris connaissance dimanche.

« Il tient cependant à rappeler qu’il n’a agi que dans le strict respect des ordres donnés par sa hiérarchie, lesquels s’inscrivaient dans le cadre d’un rassemblement illégal, après trois sommations faites aux manifestants d’avoir à se disperser, qui leur ont clairement été exprimées et auxquelles ils n’ont pas déféré », poursuit l’avocat ajoutant que son client « n’a pas utilisé d’arme ».

Me Verrier est revenu sur les conditions dans lesquelles son client a été appelé à témoigner. Entendu dès le lundi suivant des faits, il a indiqué avoir effectivement poussé une personne qu’il pensait être un homme. « Confronté ultérieurement aux images de vidéosurveillance, il s’est immédiatement reconnu dessus et a alors pu constater que l’homme qu’il pensait avoir poussé était en réalité Mme Geneviève Legay », précise l’avocat.

Vendredi, à la suite de ce témoignage, le procureur de la République de Nice a ouvert une information judiciaire du chef de « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à plusieurs juges d’instruction.

Mme Geneviève Legay, grièvement blessés à la tête au cours de cette charge policière place Garibaldi, le 23 mars est toujours hospitalisée au CHU Pasteur.

Samedi après-midi, un cortège de gilets jaunes et de militants de gauche et d’associations s’est rendu jusqu’à l’hôpital en signe de soutien à la blessée. « Attention, il n’est pas question que ce policier prenne tout sur les épaules, il y a des donneurs d’ordres, il faut aller jusqu’en haut de la hiérarchie pour voir qui a donné l’ordre de charger », a estimé à cette occasion Delphine Parent, l’une des filles de la victime.