« Le peuple géorgien doit défendre son choix européen »: manifestation prévue après le report de la candidature à l’UE

Tbilissi a posé sa candidature à l’adhésion à l’UE avec l’Ukraine et la Moldavie, après que la Russie ait lancé son offensive contre son voisin ukrainien .

Jeudi, les dirigeants européens ont décidé d’accorder le statut de candidat officiel à l’Ukraine et à la Moldavie et se sont dits « prêts à accorder le statut de candidat » à Tbilissi une fois que des réformes importantes auront été menées.

Le Conseil européen a toutefois « décidé de reconnaître la perspective européenne de la Géorgie », ce que la présidente géorgienne Salomé Zourabichvili a qualifié de geste « historique ».

« Nous sommes prêts à travailler avec détermination au cours des prochains mois pour obtenir le statut de candidat », a-t-elle écrit sur Twitter.

Plusieurs organisations pro-européennes et l’ensemble des formations d’opposition ont annoncé une manifestation de masse pour vendredi soir, accentuant la pression sur le parti au pouvoir Rêve géorgien, accusé d’avoir détérioré la relation avec Bruxelles et de dérive autoritaire.

« Quelles que soient les promesses faites par le gouvernement géorgien, nous ne croyons pas qu’il respectera sa parole », ont affirmé les organisateurs de la manifestation sur Facebook.

« Le peuple géorgien doit défendre son choix européen », ont-ils souligné.

Pour sa part, le parti Rêve géorgien du milliardaire Bidzina Ivanichvili a défendu son bilan démocratique et accusé l’opposition de chercher à « renverser les autorités en organisant des manifestations anti-gouvernementales ».

Lundi, au moins 120.000 personnes sont descendues dans les rues de Tbilissi pour demander l’adhésion à l’Union européenne de cette ex-république soviétique du Caucase, un record depuis des décennies.

La semaine dernière, la Commission européenne avait déclaré qu’elle évaluerait d’ici à la fin de 2022 « la manière dont la Géorgie remplit un certain nombre de conditions avant de lui accorder le statut de candidat ».

Parmi les priorités identifiées par la Commission figurent notamment la fin de la polarisation politique, les progrès en matière de liberté des médias, de réformes judiciaires et électorales.

La Géorgie veut depuis des années de rejoindre l’UE et l’Otan. Sur fond de ces ambitions, une courte guerre l’a opposée en 2008 à la Russie, qui a reconnu dans la foulée l’indépendance de deux territoires séparatistes géorgiens.