Le pape présente ses « excuses » pour le drame des pensionnats pour autochtones au Canada

« Je demande pardon à Dieu pour la conduite déplorable de ces membres de l’Eglise catholique » et « je m’unis à mes frères évêques canadiens pour vous présenter des excuses », a déclaré le souverain pontife lors d’une audience au Vatican devant des délégations métis, inuits et des Premières nations.

« Par vos voix, j’ai porté en moi, avec une grande tristesse dans le coeur, les récits de souffrances, de privations, de traitements discriminatoires et diverses formes d’abus subis par plusieurs d’entre vous, notamment dans les pensionnats », a déclaré le pape.

François a également fustigé la « colonisation idéologique » et l' »action d’assimilation » dont « tant d’enfants ont été victimes ». « Votre identité et votre culture ont été blessées, de nombreuses familles séparées », a-t-il déploré.

Le pape a exprimé sa volonté de se rendre au Canada aux alentours de la Sainte-Anne – célébrée le 26 juillet, ndlr – pour exprimer sa « proximité » avec ces peuples amérindiens. « J’aimerais être avec vous cette année », a-t-il dit.

Lundi et jeudi, le pape avait reçu séparément les trois délégations d’autochtones canadiens: le Ralliement national des Métis, l’Inuit Tapiriit Kanatami et les représentants des Premières Nations, qui attendaient notamment des « excuses » du Saint-Père pour le drame de ces pensionnats pour autochtones, administrés par les églises catholique et anglicane.

La découverte de centaines de sépultures d’enfants anonymes ces derniers mois a secoué le Canada et beaucoup de survivants attendaient un geste fort pape. En septembre, l’Église catholique du Canada a présenté des excuses officielles aux peuples autochtones.

Entre la fin du XIXe siècle et les années 1980, quelque 150.000 enfants autochtones ont été enrôlés de force dans plus de 130 pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture.

Des milliers n’en sont jamais revenus – les autorités estiment leur nombre entre 4.000 et 6.000. En 2015, une commission d’enquête nationale avait qualifié ce système de « génocide culturel ».