Le Haut représentant interdit le déni du génocide en Bosnie

Le diplomate autrichien, Valentin Inzko, a pris cette décision une semaine avant de passer la main à l’Allemand Christian Schmidt. La prise de fonctions de ce dernier est prévue le 1er août mais sa nomination est contestée par la Russie et la Chine.

Cette décision a été aussitôt vivement rejetée par le membre serbe de la présidence collégiale de la Bosnie, Milorad Dodik, qui a réitéré sa position sur le massacre de Srebrenica, en affirmant que ce crime « n’était pas un génocide ».

Le Haut représentant, dont le rôle est de veiller au respect de l’accord de paix de Dayton (États-Unis), a imposé plusieurs amendements au Code pénal bosnien, prévoyant des peines entre six mois et cinq ans de prison pour les personnes qui « approuvent publiquement, nient, minimisent grossièrement ou tentent de justifier le crime de génocide, le crime contre l’humanité et le crime de guerre », selon un document publié sur le site du bureau du Haut représentant.

Commis quelques mois avant la fin de la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-95, 100.000 morts), le massacre de Srebrenica (Est), dans lequel les forces serbes bosniennes ont tué environ 8.000 hommes et adolescents bosniaques musulmans, a été qualifié d’acte de génocide par la justice internationale.

Ce crime est régulièrement nié ou minimisé par des responsables politiques serbes, en Bosnie et en Serbie, qui généralement parlent d’un « grand crime ».

Le Haut représentant « n’a pas le droit à faire ça et c’est une décision sans fondement juridique (…), la Republika Srpska (entité des Serbes de Bosnie, NDLR) rejette ça. Un génocide n’a pas eu lieu à Srebrenica », a déclaré Milorad Dodik en conférence de presse convoquée après l’annonce de la décision de Valentin Inzko.