Le groupe russe Gazprom se retire de ses filiales en Allemagne et en Grande-Bretagne

Le groupe russe Gazprom a annoncé ce vendredi se retirer de ses filiales en Allemagne et en Grande-Bretagne qui assurent notamment la distribution de gaz, une mesure aux conséquences incertaines alors que plane la menace de perturbations des livraisons d’énergie vers l’Europe. «Le groupe Gazprom a mis fin le 31 mars à sa participation dans Gazprom Germania et l’ensemble des actifs de celle-ci, dont Gazprom Marketing & Trading», basé à Londres, a expliqué l’entreprise dans un communiqué.

Gazprom n’a pas détaillé si l’entité allemande – dont le groupe était l’unique propriétaire et qui possède des filiales également en Suisse et en République tchèque – a été vendue. Aucun nouveau propriétaire n’a été annoncé. Le service de presse de Gazprom Germania, sollicité par l’AFP, n’était pas joignable vendredi.

L’annonce intervient alors que Moscou a ordonné de payer le gaz en roubles depuis des comptes en Russie, faisant planer le spectre d’une interruption des livraisons. Vladimir Poutine avait annoncé jeudi que les acheteurs de gaz russe de pays «inamicaux» doivent à compter de vendredi payer depuis des comptes ouverts en Russie. Le Kremlin a précisé cependant que le prix du gaz restait libellé dans la devise des contrats en cours, soit le plus souvent en euros ou en dollars, et que les clients devront effectuer une simple opération de change en Russie.

Une nationalisation étudiée en Allemagne

Les filiales de Gazprom sont les opérateurs d’importantes infrastructures de stockage de gaz et de carburants en Allemagne. Selon la presse allemande, Berlin a commencé à étudier l’option d’une nationalisation des filiales du gazier russe, ainsi que celles du premier groupe pétrolier russe Rosneft pour garantir l’approvisionnement du pays si elles se retrouvaient en difficultés financières. «Un tel plan serait sans doute une violation grossière du droit international et de toutes les règles et toutes les lois imaginables» et une nationalisation «ne va apporter rien de bon», a réagi vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le gouvernement allemand n’a pas officiellement commenté ce projet de nationalisation. Gazprom en Allemagne n’est pas touché par les sanctions contre la Russie, mais l’entreprise est en difficulté, voyant ses partenaires d’affaires prendre leur distance.