Le Groenland a un nouveau gouvernement

Inuit Ataqatigiit (IA), qui a obtenu 36,6% des suffrages et 12 sièges au cours du scrutin du 6 avril, gouvernera avec les indépendantistes de Naleraq (quatre élus), ce qui lui assure, avec 16 députés sur 31, la majorité absolue à l’Inatsisartut, le Parlement local.

Trop éloignés sur la question de l’indépendance vis-à-vis de Copenhague, une possibilité reconnue par la Constitution danoise, les libéraux-conservateurs d’Atassut (deux sièges) n’entrent pas au gouvernement mais se posent en soutien parlementaire.

Les deux partis se sont mis d’accord sur un programme axé sur le social, l’éducation, la pêche et l’écologie dans ce territoire aux traditions bousculées par le réchauffement climatique.

« Les inégalités sont devenues trop importantes et doivent être aplanies » avant les prochaines élections, a déclaré le dirigeant d’IA, Mute Egede, qui doit devenir à 34 ans le plus jeune Premier ministre du monde, même s’il n’est pas chef de gouvernement de plein exercice.

Dans cette immense île arctique de 56.000 habitants, la plus grande de la planète, l’écart entre riches et pauvres est très important. Bien loin des niveaux nordiques, il est, selon les experts, proche de celui constaté aux Etats-Unis.

Le gouvernement, composé de quatre femmes et de six hommes, prendra officiellement ses fonctions le 23 avril, à l’ouverture de la session parlementaire.

Depuis 2009, le Groenland est très largement indépendant dans sa politique économique tandis que les fonctions régaliennes, comme la monnaie et la politique étrangère et de défense, restent du ressort de Copenhague, qui le maintient sous perfusion en lui versant chaque année quelque 520 millions d’euros, soit un tiers de son budget.

Ces dernières années, ce territoire a donc cherché à accroître ses propres revenus, notamment avec la pêche, qui représente 90% de ses exportations, les projets miniers et le tourisme, actuellement au point mort à cause de la pandémie.