Le G7 prêt à reconnaître la Chine comme « un concurrent » et « un rival »

« Nous n’autoriserons pas que la brutalité de cette guerre conduise à la mort en masse de personnes âgées et d’enfants, jeunes ou familles dans les mois d’hiver à venir », a déclaré jeudi la ministre à l’ouverture de cette réunion des chefs de la diplomatie du G7 à Münster, dans l’ouest de l’Allemagne.

L’organisation du soutien à l’Ukraine figure en haut de l’agenda de cette réunion, avec l’idée de lancer un nouveau message de fermeté à la Russie qui mène l’offensive contre Kiev depuis le 24 février.

Mme Baebock, dont le pays assure jusqu’à la fin de l’année la présidence du G7, a dénoncé les « méthodes perfides » de la Russie dans sa façon de mener la guerre en essayant « d’affamer, d’assoiffer ou de faire geler les gens en attaquant des infrastructures civiles ».

De nombreuses villes ukrainiennes, dont la capitale Kiev, subissent ces dernières semaines des bombardements qui ciblent particulièrement les équipements civils, provoquant des coupures d’eau et d’électricité.

Selon des sources diplomatiques, les ministres se pencheront durant la réunion notamment « sur les moyens de continuer à soutenir l’Ukraine » dans tous les domaines, alors qu’Européens et Américains fournissent déjà une aide économique et militaire massive.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba doit intervenir par vidéoconférence lors de la session de discussions sur la guerre en Ukraine, selon d’autres sources diplomatiques.

« Cette ministérielle du G7 arrive à un moment important pour nous », a assuré à des journalistes un diplomate américain de haut rang, soulignant que le groupe est « vital pour créer des mécanismes de coordination » de la réponse de la communauté internationale aux crises en cours, de la guerre en Ukraine à la Corée du Nord.

A cet égard, Mme Baerbock, en tant que présidente du G7, a déclaré condamner « fermement » le nouveau tir de missile balistique effectué jeudi par Pyongyang, au lendemain d’une salve record de tirs qui a porté à son comble la tension dans la région.

« Il y a des résolutions claires des Nations unies concernant les tests nucléaires, qui sont interdits, c’est pourquoi l’annonce est une violation des résolutions internationales », a déclaré la ministre à l’ouverture d’une réunion du G7 à Münster, dans l’ouest de l’Allemagne.

La Chine, un pays « rival »

La réunion, sous présidence allemande avant que le Japon ne prenne le relais en janvier, intervient également sur fond de changements de gouvernements récents en Italie et au Royaume-Uni notamment, faisant dire à un autre diplomate américain sous couvert de l’anonymat qu’il était nécessaire de s’assurer que tout le monde est bien sur la même longueur d’onde.

La crise énergétique en Europe à l’approche de l’hiver et la situation en Iran, secoué par des manifestations sanglantes et violemment réprimées, seront également au centre des discussions qui démarrent dans l’après-midi et se poursuivront vendredi.

Les relations avec Pékin seront abordées lors d’un dîner de travail, dans le contexte de la visite controversée du chancelier allemand Olaf Scholz vendredi en Chine. M. Scholz a promis mercredi qu’il ne fera « pas l’impasse sur les controverses » avec Pékin durant ce voyage.

Les pays du G7 sont prêts à considérer la Chine comme un « concurrent » et un rival », a déclaré à cet égart Mme Baerbock.

Le Japon « souligne régulièrement combien il est important que nous reconnaissions et voyions que la Chine a changé au cours des dernières années, qu’elle n’est pas seulement un partenaire dans les questions internationales, mais aussi un concurrent et bien plus encore un rival. Et c’est dans cette optique que la Chine figurera aujourd’hui à l’ordre du jour de la réunion du G7 », a-t-elle prévenu.

Le G7 regroupe les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Allemagne.