Le frère de l’auteur de l’attentat de Strasbourg condamné pour des menaces de mort sur Facebook

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Malek Chekatt, frère aîné de Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat de Strasbourg, a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de la ville à douze mois de prison dont six mois avec sursis, pour avoir proféré des menaces de mort sur Facebook. Cette peine, inférieure aux réquisitions du parquet qui avait demandé un an d’emprisonnement ferme, est assortie d’une mise à l’épreuve de deux ans avec une obligation de travail et de soins. Le tribunal n’a pas ordonné son maintien en détention, ouvrant la voie à un aménagement de peine.

L’homme de 38 ans, sans emploi depuis l’attentat de Strasbourg, avait été interpellé vendredi puis placé en détention provisoire dimanche après avoir posté vendredi sur son compte Facebook, lisible par tous, plusieurs messages jugés « menaçants » par les autorités, accompagnés d’une photo d’armes, qui se sont révélées factices.

« Vous aviez conscience que vous vouliez provoquer un émoi, une peur, même si à l’évidence vous avez eu un repentir », a considéré le président du tribunal, Philippe Schneider, rappelant que Malek Chekatt avait attendu les policiers, leur avait donné les armes factices photographiées et montré où son téléphone était caché.

Le juge a demandé à Malek Chekatt de prouver que la confiance que lui a accordé le tribunal en ne le mettant pas en prison n’était « pas vaine ».

Présenté par son avocat commis d’office comme « un père en souffrance » venant de perdre le droit de garde de son fils, Malek Chekatt « voulait faire parler de lui, voulait attirer l’attention sur ses problèmes », a estimé le procureur pendant ce procès en comparution immédiate.

Malek Chekatt était jugé en comparution immédiate, par le tribunal correctionnel de Strasbourg, après avoir posté vendredi sur son compte Facebook, lisible par tous, plusieurs messages jugés « menaçants » par les autorités. Ils avaient déclenché un vent d’inquiétude dans la capitale alsacienne.

« Ce soir, je fais la une de BFM, à 18H30 précise (sic) », avait-il notamment écrit, paraphrasant les menaces proférées par son frère Chérif avant son équipée meurtrière contre le marché de Noël, le 11 décembre. Ces messages étaient accompagnés d’une photo montrant cinq armes, deux fusils d’assaut, un fusil et deux pistolets, ainsi qu’un gilet pare-balles.

Malek Chekatt, père d’un fils de neuf ans, sans emploi depuis l’attentat de Strasbourg et ne présentant aucun signe de radicalisation religieuse, « voulait faire parler de lui, voulait attirer l’attention sur ses problèmes », a estimé le procureur Alexandre Chevrier.

S’exprimant doucement et poliment, Malek Chekatt a déclaré avoir « fait quelque chose de maladroit », reconnaissant « une connerie ». « Mais je ne pensais pas faire du mal à qui que ce soit », a-t-il affirmé, expliquant avoir posté ces messages après un appel lui apprenant qu’il ne pourrait plus voir son fils que lors de visites en présence d’un tiers.

« C’est un père en souffrance », a assuré son avocat commis d’office, Me Thomas Steinmetz avant de demander la relaxe de son client.

Présenté comme impulsif et vivant « très mal » la stigmatisation lié à son nom de famille depuis l’attentat de Strasbourg, Malek Chekatt a déjà onze condamnations à son casier judiciaire, essentiellement pour des faits de violence.

Le 11 décembre en début de soirée, son frère Chérif Chekatt, 29 ans, avait pénétré dans le centre de Strasbourg, armé d’un pistolet et d’un couteau, tué cinq hommes au hasard, et blessé une dizaine d’autres personnes.

Ayant prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, il a été tué par une patrouille de police après deux jours de traque, dans un quartier du sud de la ville.